Le parti indépendantiste catalan Junts per Catalunya, dirigé par l’ex-président régional Carles Puigdemont, a annoncé lundi son intention de retirer son soutien au gouvernement espagnol de Pedro Sánchez, fragilisant la coalition de gauche au pouvoir.
Les sept députés de Junts au Congrès des députés avaient jusqu’à présent joué un rôle crucial dans la survie politique du Premier ministre, permettant notamment l’adoption de plusieurs lois clés et du budget. Leur retrait pourrait ainsi priver Sánchez de la majorité parlementaire nécessaire pour gouverner, ouvrant la voie à une période d’instabilité politique.
Selon des sources proches du parti citées par Reuters, la décision de Junts découle du « manque de volonté » du gouvernement espagnol de respecter les engagements pris lors des négociations sur la loi d’amnistie destinée aux dirigeants indépendantistes poursuivis depuis le référendum illégal de 2017.
Pour l’heure, aucune motion de censure n’est prévue, mais la possibilité d’un nouveau blocage budgétaire est évoquée, ce qui contraindrait Madrid à reconduire les comptes publics pour la deuxième année consécutive.
Depuis son retour sur la scène politique européenne, Carles Puigdemont, en exil en Belgique, continue de peser sur les équilibres politiques espagnols. Son parti exige davantage de garanties sur la reconnaissance du « droit à décider » des Catalans, une revendication que le gouvernement central refuse catégoriquement.
Si Junts met sa menace à exécution, Pedro Sánchez pourrait être contraint de rechercher de nouveaux appuis parmi les formations régionales basques ou centristes voire d’envisager des élections anticipées, dans un contexte social et économique déjà tendu.