Une proposition européenne fait bondir les automobilistes français. Bruxelles envisage d’imposer un contrôle technique tous les ans pour les véhicules de plus de dix ans. Une mesure qui pourrait concerner un véhicule sur deux dans l’Hexagone. Faut-il faire passer chaque année au contrôle technique les voitures âgées de plus de dix ans ? C’est en tout cas ce que souhaite la Commission européenne. Le 24 avril dernier, le commissaire aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a présenté une proposition de directive qui pourrait bouleverser le calendrier actuel du contrôle technique. Objectif affiché : renforcer la sécurité routière et réduire les émissions polluantes.
Une directive qui divise et inquiète
Aujourd’hui, le contrôle technique est obligatoire tous les deux ans à partir de la quatrième année de mise en circulation. Si la réforme est adoptée, des millions de conducteurs devront s’y plier chaque année, à un coût moyen estimé à 78 euros par passage. Cette mesure, déjà appliquée en Espagne, vise à réduire de moitié les accidents mortels d’ici à 2030 dans l’Union européenne. D’après les autorités européennes, près de 19 800 personnes ont perdu la vie sur les routes du continent l’an dernier. Mais en France, le gouvernement n’entend pas se laisser imposer cette nouvelle contrainte sans réagir. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a dénoncé à l’Assemblée nationale une mesure « profondément injuste » et « inutilement coûteuse » pour les Français. « C’est une dépense supplémentaire dont nos concitoyens n’ont certainement pas besoin », a-t-il insisté.
Un véhicule sur deux concerné
Avec un âge moyen de 11 ans, le parc automobile français serait largement touché. Selon les estimations, plus de la moitié des véhicules circulant en France devraient passer au contrôle technique tous les ans si la directive entre en vigueur. Cela représenterait quelque 13 millions de contrôles supplémentaires par an. Les associations d’automobilistes dénoncent une réforme « déconnectée des réalités ». Pour 40 millions d’automobilistes, cette proposition « ne ferait qu’aggraver l’illégalité », alors que de nombreux conducteurs ne respectent déjà pas l’obligation actuelle. Même son de cloche du côté de la Ligue de défense des conducteurs, qui fustige « une mesure profitant une fois encore à certains intérêts privés, au détriment des usagers ». Pour l’heure, la directive doit encore passer devant le Parlement européen. En cas d’adoption, la France serait contrainte d’adapter sa législation. Mais le bras de fer politique ne fait que commencer.