Bruno Retailleau ne désarme pas. Après la censure du Conseil constitutionnel qui a invalidé l’allongement de 90 à 210 jours de la durée de rétention des étrangers jugés dangereux, le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il présentera rapidement un « texte modifié », cette fois en sollicitant l’avis du Conseil d’État. S’il prend acte de la décision, il refuse d’abandonner une mesure qu’il juge essentielle pour la sécurité des Français. « Je ne me résoudrai jamais à ce que des innocents soient assassinés demain par des étrangers dangereux en situation irrégulière que la loi empêcherait de maintenir en rétention », martèle-t-il.
Un combat pour la sécurité des Français
Retailleau rappelle que dans 14 pays européens, dont l’Allemagne et la Belgique, la rétention peut durer jusqu’à 18 mois, conformément à la directive européenne « retour ». En France, la limite reste fixée à 90 jours, ce qu’il considère comme un handicap majeur pour éloigner les individus menaçant l’ordre public. Il cite l’exemple tragique de l’affaire Philippine, cette jeune étudiante tuée fin 2024 par un Marocain sous OQTF, libéré faute de pouvoir prolonger sa rétention. Pour lui, « augmenter la durée de rétention pour les étrangers dangereux, c’est augmenter les chances de les expulser avant qu’ils ne récidivent ».
Bien décidé à obtenir gain de cause, le ministre promet de représenter un texte conforme aux critères des Sages mais fidèle à l’objectif initial : protéger les Français avant tout. Et de conclure : « Concrètement, ceci veut dire que les Français n’ont pas droit à la même protection que leurs voisins européens. C’est au peuple souverain de trancher sur l’immigration et la sécurité. »