Le gouvernement a profité de la clôture des Assises de la restauration pour confirmer un virage attendu dans le secteur, en annonçant un assouplissement des règles encadrant la mention fait-maison ainsi qu’une simplification du parcours permettant d’obtenir le titre de Maître-Restaurateur. Cette orientation, dévoilée par le ministère du Commerce, s’inscrit dans la volonté de rendre ces dispositifs plus accessibles, alors que les professionnels soulignaient depuis plusieurs années leur caractère trop rigide. Le titre, réservé aux établissements pratiquant une cuisine entièrement élaborée sur place, reposait jusqu’ici sur des démarches jugées lourdes et un cahier des charges parfois déconnecté des usages actuels. Le gouvernement cherche désormais à encourager sa diffusion, en ciblant dix mille titulaires d’ici 2027, objectif déjà évoqué par l’exécutif à l’automne.
Un titre valorisant mais complexe, bientôt simplifié
Lancé en mai lors du précédent gouvernement, le cycle de consultations a fait émerger une série de propositions destinées à moderniser l’ensemble du dispositif. Le titre de Maître-Restaurateur, attribué aujourd’hui à environ trois mille établissements, valorise une cuisine présentée comme intégralement faite maison et élaborée à partir de produits locaux. Le ministère a indiqué que les procédures d’obtention, actuellement centralisées en préfecture, seront allégées, tandis que la durée de validité passera de quatre à cinq ans. Les lycées hôteliers pourraient également y avoir accès à moyen terme, signe d’une volonté de rapprocher la formation et la reconnaissance professionnelle. Le cahier des charges doit lui aussi évoluer afin de mieux correspondre aux pratiques courantes, en intégrant par exemple des modes de service au buffet, ce qui élargirait la portée du label sans en altérer la philosophie.
Une mention fait-maison élargie pour coller à la réalité du terrain
Parallèlement à ces ajustements, un autre décret en préparation modifiera la définition même du fait-maison. Ce label, créé pour distinguer les préparations artisanales des produits industriels ou préassemblés, souffrait d’une adoption inégale, notamment en raison de règles jugées trop restrictives. Le gouvernement prévoit d’allonger la liste des ingrédients autorisés pour utiliser la mention, avec l’intégration des ovoproduits, des légumes blanchis, de la crème végétale ou encore de la chair de crabe. Cette ouverture doit permettre aux restaurateurs d’afficher plus facilement le pictogramme reconnaissable, une casserole surmontée d’un toit, sans être en contradiction avec leurs pratiques quotidiennes. Selon le ministère, l’objectif reste de favoriser l’usage de la mention tout en maintenant un niveau d’exigence cohérent avec les attentes des consommateurs. Les annonces marquent ainsi une nouvelle étape dans la volonté de rendre les labels plus lisibles, plus réalistes et davantage adaptés à la diversité des établissements.