Le bras de fer contre le libre-échange franchit une nouvelle étape. La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, a annoncé mardi une grande mobilisation le 14 octobre à Paris pour « stopper l’accord UE-Mercosur ». Le cortège s’élancera « tracteurs en tête », avec l’appui d’organisations citoyennes, environnementales et syndicales invitées à se joindre au mouvement. L’appel intervient alors que Bruxelles a officiellement enclenché le processus de ratification du traité, qui prévoit notamment d’augmenter les importations agricoles en provenance d’Amérique du Sud. Pour le syndicat, classé à gauche, il s’agit d’un coup porté à la souveraineté alimentaire et à la rémunération des producteurs français. « Nous exigeons une régulation des marchés et un commerce équitable qui place les revenus paysans et la protection de l’environnement avant les intérêts financiers des multinationales », insiste la Confédération.
Un message politique direct
Le syndicat sera entendu ce mardi à l’Assemblée nationale lors d’auditions consacrées à l’accord. Dans son communiqué, il somme les responsables politiques « d’avoir le courage de la clarté » : soit choisir l’abaissement des normes pour concurrencer les marchés mondiaux, comme le redoute la Confédération avec la loi Duplomb, soit défendre un modèle agricole de qualité reposant sur la régulation. Au-delà du seul Mercosur, le syndicat rejette l’ensemble des accords de libre-échange en cours de négociation. Avec la manifestation du 14 octobre, il veut transformer ce rejet en démonstration de force, dans un climat agricole déjà tendu et marqué par la crainte d’une concurrence jugée déloyale.