Zelensky critiqué pour une réforme controversée des agences anti-corruption ukrainiennes
Zelensky critiqué pour une réforme controversée des agences anti-corruption ukrainiennes

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky fait face à une vague de critiques internes et internationales après avoir promulgué des amendements législatifs qui, selon de nombreux observateurs, compromettent l’indépendance des principales agences de lutte contre la corruption du pays : le NABU (Bureau national anti-corruption) et le SAPO (Bureau du procureur spécialisé anti-corruption).

Ces changements donnent davantage de pouvoirs à un procureur désigné par l’exécutif, ce qui pourrait affaiblir l’autonomie des deux organes d’enquête, pourtant salués jusqu’ici pour leur rôle clé dans la chasse aux élites corrompues. Les agences étaient considérées comme des piliers du programme de réformes exigé par l’Union européenne pour l’ouverture des négociations d’adhésion.

Des hauts responsables européens ont exprimé leur inquiétude, jugeant que cette réforme allait à l’encontre des engagements pris par Kiev. Le malaise est d’autant plus marqué que cette décision intervient au moment où l’Ukraine cherche à renforcer ses alliances occidentales face à l’agression russe.

En Ukraine, la colère populaire ne s’est pas fait attendre : plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Kiev, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une tentative du pouvoir de reprendre le contrôle politique sur les institutions indépendantes. Il s’agit des plus importantes mobilisations civiles depuis le début de la guerre.

Zelensky, de son côté, affirme que les changements sont destinés à accroître l’efficacité des enquêtes et à mieux coordonner les efforts judiciaires dans un contexte de guerre. Ses opposants y voient au contraire un recul démocratique, potentiellement déstabilisateur pour les relations avec l’UE et les bailleurs internationaux.

Alors que l’Ukraine cherche à obtenir 120 milliards de dollars d’aide pour sa défense en 2026 et qu’elle dépend étroitement du soutien occidental, ce bras de fer sur l’indépendance des institutions anticorruption pourrait peser lourdement dans la balance diplomatique.

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