La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen affronte ce lundi soir les eurodéputés à Strasbourg, à l’occasion d’un débat autour d’une motion de censure initiée par le Roumain Gheorghe Piperea. Officiellement motivée par le scandale du « Pfizergate » et une gestion jugée opaque, cette initiative est vouée à l’échec mais révèle les fractures croissantes entre les familles politiques du Parlement européen.
Un vote sans suspense, mais un avertissement politique
Prévue jeudi, la motion nécessite une majorité qualifiée de deux tiers pour aboutir, ce qui semble hors de portée. Si les groupes nationalistes comme celui de Jordan Bardella soutiennent la démarche, le PPE, dont Ursula von der Leyen est issue, reste uni derrière elle. Même les Conservateurs européens (ECR) se montrent prudents, désireux d’éviter toute alliance trop visible avec les eurosceptiques.
La majorité dite « pro-européenne », composée de sociaux-démocrates, centristes et chrétiens-démocrates, montre pourtant des signes de fatigue. Plusieurs élus centristes dénoncent un pouvoir jugé trop vertical, accusant von der Leyen de court-circuiter le Parlement, notamment sur des dossiers sensibles comme le greenwashing ou les fonds du plan de relance post-Covid.
Jamais une Commission n’a été renversée par une motion de censure. Mais cette séquence pourrait bien écorner l’autorité de sa présidente et redistribuer les cartes européennes.