Un tribunal de Bamako a condamné lundi l’ancien Premier ministre malien Moussa Mara à deux ans de prison ferme et à une amende de 500 000 francs CFA (environ 887 dollars), après la publication d’un message sur les réseaux sociaux critiquant le gouvernement militaire d’Assimi Goïta.
Selon son avocat, Mountaga Tall, cette condamnation repose sur des accusations d’« atteinte au moral de l’armée » et de « diffusion de fausses nouvelles », des chefs d’inculpation souvent utilisés ces dernières années pour faire taire les voix dissidentes. Moussa Mara, qui dirigea le gouvernement entre 2014 et 2015, avait dénoncé sur X (ex-Twitter) la dérive autoritaire du régime et la dissolution des partis politiques décidée plus tôt cette année.
Cette décision judiciaire s’inscrit dans un contexte de répression accrue au Mali. Depuis que la junte a prolongé son mandat de cinq ans sans organiser d’élections, plusieurs journalistes, militants et figures politiques ont été arrêtés ou intimidés pour avoir exprimé des opinions critiques.
Amnesty International a réagi dans un communiqué, dénonçant « une atteinte flagrante à la liberté d’expression » et appelant les autorités maliennes à « cesser la répression de la dissidence pacifique ». L’organisation a également souligné que la condamnation de Moussa Mara « illustre la fermeture progressive de l’espace démocratique dans le pays ».
Ancien ministre de l’Urbanisme avant de devenir Premier ministre sous Ibrahim Boubacar Keïta, Mara avait, depuis le coup d’État de 2020, régulièrement mis en garde contre la dérive autoritaire du pouvoir militaire et la marginalisation de la société civile.