Un candidat modéré favorable à la réunification de Chypre a remporté dimanche l’élection présidentielle dans la partie nord de l’île, marquant un tournant historique dans l’un des plus anciens conflits gelés du bassin méditerranéen.
Le vainqueur, dont le nom n’a pas encore été officiellement confirmé par les autorités électorales, soutient la reprise des négociations de réunification sous l’égide des Nations unies. Cette victoire met fin à des années de gouvernance dominée par des partisans d’une ligne dure favorables à une solution à deux États, et pourrait relancer l’espoir d’un accord entre les communautés chypriotes turque et grecque.
Selon les premiers résultats, le nouveau président a devancé son rival nationaliste Ersin Tatar, soutenu par Ankara. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a reconnu la défaite de son allié, tout en saluant le scrutin comme une « preuve de maturité démocratique » dans la région.
Ce vote pourrait profondément redéfinir les relations entre Nicosie et Ankara, alors que la Turquie demeure le principal soutien politique, militaire et économique du nord de l’île, autoproclamé « République turque de Chypre du Nord » et reconnu uniquement par Ankara.
Le nouveau dirigeant a promis de travailler pour une solution fédérale, une position en phase avec les propositions soutenues par l’Union européenne et les Nations unies. Cette orientation ouvre également la voie à une amélioration potentielle des relations entre la Turquie et les pays européens, pour qui la réunification de Chypre reste un enjeu diplomatique central dans toute discussion sur les aspirations européennes d’Ankara.
La victoire du camp modéré a été accueillie avec prudence à Bruxelles et à Athènes, qui y voient une opportunité de relancer le dialogue, longtemps paralysé par les tensions en Méditerranée orientale autour des ressources énergétiques et de la souveraineté maritime.