Tunisie : l’opposition affiche une unité rare dans la rue contre le pouvoir de Kaïs Saïed
Tunisie : l’opposition affiche une unité rare dans la rue contre le pouvoir de Kaïs Saïed

Des militants et figures de l’opposition tunisienne, issus de courants politiques très divers, ont manifesté samedi pour dénoncer le pouvoir du président Kaïs Saïed, dans une démonstration d’unité inhabituelle. Les protestataires ont réclamé la fin du pouvoir personnel du chef de l’État et le rétablissement de la démocratie, lors d’un rassemblement organisé dans la capitale.

Cette mobilisation intervient après trois semaines de manifestations successives et illustre la montée en puissance de la contestation au sein de l’opposition et de la société civile. Les participants dénoncent ce qu’ils décrivent comme une répression sans précédent visant les voix critiques depuis que Kaïs Saïed a concentré les pouvoirs entre ses mains.

Des centaines de personnes ont défilé en brandissant les portraits de responsables politiques, de journalistes et de militants actuellement emprisonnés. Ces rassemblements tendent à devenir hebdomadaires, symbolisant un bras de fer de plus en plus visible entre le président et ses opposants.

Les organisations de défense des droits humains accusent Kaïs Saïed d’avoir fortement restreint les libertés publiques depuis 2021, année où il s’est octroyé des pouvoirs exceptionnels et a commencé à gouverner par décret. Elles estiment que la Tunisie s’est progressivement transformée en une « prison à ciel ouvert » pour les opposants politiques.

De son côté, le président tunisien rejette fermement ces accusations. Il affirme agir pour débarrasser le pays de ce qu’il qualifie de traîtres et d’une élite corrompue, et soutient que ses décisions visent à restaurer l’ordre et la souveraineté nationale.

Cette rare convergence des forces d’opposition souligne toutefois un tournant potentiel dans la vie politique tunisienne. Alors que la colère sociale et politique s’exprime de plus en plus ouvertement, l’issue de ce face-à-face entre le pouvoir et ses détracteurs reste incertaine.

Partager