« Trop jeune pour l’Élysée » : Robert Ménard recadre sèchement Jordan Bardella
« Trop jeune pour l’Élysée » : Robert Ménard recadre sèchement Jordan Bardella

Robert Ménard n’a pas mâché ses mots ce mercredi dans un entretien accordé à Valeurs Actuelles. Réagissant aux propos de Jordan Bardella qui l’a décrit comme une « girouette », le maire de Béziers renvoie le président du RN à ses propres contradictions. « Peut-être que Jordan Bardella sait tout sur tout. Tant mieux pour lui. Ce n’est pas mon cas », glisse-t-il d’emblée, rappelant qu’il revendique le droit de changer d’avis « quand le monde change ». Ménard insiste : ses convictions, notamment sur la sécurité, la liberté ou l’immigration, n’ont jamais varié.

L’ancien journaliste souligne aussi que Bardella « a la mémoire courte ». Il rappelle avoir été le seul élu non-RN à appeler à voter Marine Le Pen au premier et au second tour de la présidentielle. Et il tacle au passage le chef du RN qui moque sa proximité supposée avec Emmanuel Macron : « Je ne crois pas avoir été complaisant lors de mon débat télévisé avec le président. »

Un Bardella “trop jeune” pour l’Élysée, selon Ménard

Le point le plus frontal concerne la capacité de Jordan Bardella à assumer la fonction présidentielle. « Il me reproche d’avoir dit qu’il était très jeune pour occuper l’Élysée. Si la jeunesse n’est pas rédhibitoire, elle n’est pas forcément un atout », affirme Ménard, évoquant les trajectoires d’Emmanuel Macron et Gabriel Attal pour illustrer les limites d’une ascension trop rapide. Il rappelle aussi qu’une expérience professionnelle réelle ou un mandat local « n’est jamais inutile » lorsqu’on prétend gouverner.

Ménard revendique son indépendance des partis et fustige « l’esprit de sectarisme » qu’il observe à droite comme au RN, un blocage qui empêche selon lui toute stratégie gagnante. « Personne ne gagnera sans les autres », martèle-t-il, citant les tensions persistantes entre une partie de la droite dite “bourgeoise” et le parti de Bardella.

Pour autant, le maire de Béziers n’exclut rien pour 2027 : tout dépendra « des circonstances » et du programme du candidat. Mais sur un point il est clair : dans un duel Bardella–Mélenchon, il voterait « sans hésiter » pour le chef du RN. Preuve que la passe d’armes actuelle n’empêche pas, selon lui, la lucidité politique.

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