C’est une première historique en France : à partir du 29 juin 2025, la SNCF cédera sa place sur la ligne Marseille-Toulon-Nice à Transdev. Cet opérateur privé, filiale de la Caisse des dépôts, remporte un contrat stratégique lancé par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour tenter de mettre fin à des années de retards chroniques et de services dégradés. La ligne, réputée pour être la plus en retard de France, change de main avec une promesse ambitieuse : doubler la fréquence des trains, offrir de nouveaux services à bord, et surtout, respecter des standards de ponctualité stricts.
De nouveaux trains, des pénalités en cas de retard, et une attente immense
Le défi est colossal pour Transdev, qui a recruté plus de 200 personnes et devra exploiter seize rames flambant neuves commandées à Alstom – dont seulement la moitié sera livrée à temps. Chaque rame promet confort et modernité : Wi-Fi, ports USB, distributeurs, climatisation et personnel dédié à bord. Mais gare aux contre-performances : si les engagements de ponctualité (97 % de trains à l’heure) ne sont pas respectés, la région infligera de lourdes pénalités financières. Renaud Muselier, président de PACA, veut montrer que l’ouverture à la concurrence peut transformer un service longtemps défaillant.
Sur le terrain, les premiers essais ne sont pas exempts de couacs. La rame inaugurale a même démarré avec vingt minutes de retard. Malgré cela, les attentes sont fortes, tant du côté des usagers lassés des retards à répétition que de l’exécutif régional qui a misé gros sur ce changement. Transdev joue ici gros, avec l’opération la plus lourde de son histoire ferroviaire en France. Si elle réussit, la voie sera libre pour d’autres privatisations régionales. Sinon, le retour de bâton politique pourrait être sévère.