Tombes de harkis retrouvées vides à Rivesaltes : Patricia Mirallès face à l’impatience des familles
Tombes de harkis retrouvées vides à Rivesaltes : Patricia Mirallès face à l’impatience des familles

Patricia Mirallès, ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens Combattants, est attendue ce lundi 28 avril 2025 au camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, pour rencontrer les familles de harkis, bouleversées par la découverte de tombes vides. Deux mois après sa dernière venue, la ministre reviendra sur place pour faire le point sur l’enquête en cours et dévoiler les dernières avancées sur ce dossier particulièrement sensible.

Une soixantaine de sépultures transférées dans le silence

L’affaire a éclaté en février dernier : une soixantaine de sépultures, essentiellement des enfants harkis inhumés dans les années 1960 sur le site du camp Joffre, auraient été discrètement transférées en 1986 vers le cimetière Saint-Saturnin de Rivesaltes, sans que les familles en soient informées. Les fouilles archéologiques menées depuis ont confirmé que de nombreuses tombes étaient vides. Ce lundi, Patricia Mirallès participera à l’ouverture d’une journée d’études consacrée à l’histoire du cimetière harki et remettra aux familles un rapport sur les recherches archéologiques réalisées.

La ministre avait déjà affirmé en février « savoir ce que sont devenues les dépouilles » et promis des « réponses concrètes ». Mais pour les familles, la douleur reste vive et l’attente d’explications claires est immense. Certaines dénoncent une véritable « profanation » et exigent que les responsabilités soient pleinement établies, notamment celles du maire de Rivesaltes de l’époque.

Un dossier historique et émotionnel explosif

Le camp de Rivesaltes, tristement célèbre pour avoir accueilli près de 21 000 harkis et leurs familles dans des conditions indignes après la guerre d’Algérie, porte encore les stigmates de cette histoire douloureuse. La disparition des sépultures ravive les blessures jamais refermées de cette communauté. Patricia Mirallès insiste sur sa volonté d’éviter toute récupération politique et de rester dans « l’accompagnement et le respect de la souffrance des familles ».

En parallèle, des recherches dans les archives communales de Rivesaltes et de Perpignan se poursuivent pour tenter d’identifier précisément les dépouilles transférées. Les familles espèrent que la journée du 28 avril marquera un premier pas vers la reconnaissance de cette tragédie silencieuse et l’engagement de l’État à faire toute la lumière sur ce drame.

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