C’est une affaire à la croisée de l’espionnage international et des règlements de compte politiques secoue la France. Selon Le Parisien, la Direction générale de la sécurité intérieure a interpellé quatre individus soupçonnés d’avoir voulu exécuter un assassinat sur le sol français. Leur cible : l’influenceur et dissident algérien Amir DZ, connu pour ses dénonciations virulentes contre la corruption au sein du régime algérien.
Un kidnapping digne d’un thriller
Les faits remontent à avril 2024. Déguisés en policiers, les quatre suspects auraient enlevé Amir DZ en pleine rue. Sous prétexte d’un contrôle, ils l’auraient drogué puis emmené de force, avec l’intention de l’éloigner rapidement. Mais contre toute attente, l’opération prend fin de façon étrange : les ravisseurs relâchent leur cible en pleine forêt, sans aucune explication. Traumatisé mais vivant, l’influenceur alerte les autorités.
L’enquête est confiée à la DGSI, qui privilégie rapidement la piste d’une opération orchestrée depuis l’étranger. D’après leurs investigations, il ne s’agirait pas d’un simple acte d’intimidation, mais bien d’une tentative d’assassinat ou d’enlèvement planifiée dans le but de faire rapatrier Amir DZ en Algérie. Une fois sur le territoire algérien, il aurait pu être contraint de purger une peine de mort prononcée par contumace pour ses prises de position contre le régime.
Une opération téléguidée depuis un consulat
Toujours selon Le Parisien, les suspects n’agissaient pas seuls. Ils auraient été en contact avec un officier des services de renseignement algériens en poste au sein d’un consulat en France. Ce dernier aurait dirigé les opérations à distance, donnant instructions et consignes aux exécutants. Un schéma qui rappelle d’autres affaires récentes impliquant des États étrangers tentant de neutraliser des opposants exilés.
Mais les carences logistiques et le manque de préparation des ravisseurs auraient eu raison du plan. L’enlèvement a échoué, et les commanditaires ont semble-t-il perdu le contrôle de la situation.
Une infiltration jusque dans l’administration française
L’enquête révèle aussi une dimension plus inquiétante encore : une “taupe” au sein du ministère français de l’Économie aurait été recrutée pour fournir des informations confidentielles. Cette personne aurait notamment permis aux agents infiltrés d’accéder aux données relatives au statut de réfugiés politiques algériens, dont Amir DZ. Ce volet confirme l’existence d’un réseau structuré d’espionnage, agissant sur le territoire français sous couvert diplomatique.
Un climat de plus en plus tendu
Cette affaire met de nouveau en lumière les relations tendues entre la France et l’Algérie, sur fond de débats autour de la liberté d’expression, de la diaspora algérienne en Europe, et des ingérences étrangères. Amir DZ, figure de la contestation en ligne, incarne cette jeunesse exilée qui refuse le silence. Depuis plusieurs années, il dénonce via ses réseaux sociaux les abus, les détournements de fonds et les atteintes aux droits de l’homme imputés au pouvoir algérien.
Placé sous protection, l’influenceur n’a pas commenté publiquement les derniers développements de l’affaire. Mais selon des proches, il reste déterminé à continuer son combat.
Vers un scandale diplomatique ?
Si l’implication directe d’un diplomate algérien est avérée, l’affaire pourrait prendre une tournure diplomatique grave. Des expulsions, voire des poursuites, pourraient être envisagées par Paris. Pour l’heure, les quatre suspects sont en garde à vue, et une information judiciaire est en cours. Cette tentative d’élimination d’un opposant sur le sol français rappelle que, même en exil, la parole dissidente dérange – et qu’elle peut coûter cher.