Sondage en cas d'élections : le RN écrase la concurrence, la majorité en chute libre, la gauche en morceaux
Sondage en cas d'élections : le RN écrase la concurrence, la majorité en chute libre, la gauche en morceaux

La crise politique qui secoue le pays semble désormais tourner à l’avantage du Rassemblement national. Alors que la menace d’une dissolution plane toujours, une nouvelle étude Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio confirme un basculement durable du paysage politique français : le RN et ses alliés caracolent en tête des intentions de vote avec 35 à 36 % des suffrages, loin devant la gauche divisée et un camp présidentiel en pleine déroute.

Le bloc national, incarné par Marine Le Pen et Jordan Bardella, progresse encore par rapport à son score historique de 2024 (33,4 %), creusant l’écart avec ses poursuivants de 11 à 17 points. Cette dynamique semble même bénéficier de la petite remontée d’Éric Zemmour et de Reconquête, crédité de 3,5 à 4 % des voix. Ensemble, le RN, Reconquête et l’UDR de Ciotti constitueraient une force électorale susceptible d’atteindre une majorité relative, voire de gouverner avec l’appui d’une partie de la droite classique. Pour Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop, « c’est la force qui tire le mieux parti de la crise politique actuelle ».

La gauche éclatée et les Insoumis affaiblis

La gauche, quant à elle, paie au prix fort les divisions internes et l’usure du leadership mélenchoniste. Si le Nouveau Front populaire version 2024 atteindrait encore 24 % des intentions de vote, toute recomposition sans la France insoumise ne provoquerait plus le désastre redouté. Une alliance PS-Place publique-Écologistes-PCF recueillerait 19 %, tandis que les Insoumis isolés ne dépasseraient pas les 8 %. Cette fragmentation illustre la perte d’influence du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, jadis locomotive de la gauche, désormais relégué au second plan derrière des socialistes revigorés et des écologistes plus prudents.

Cette recomposition traduit une réalité politique nouvelle : la gauche n’a plus de chef incontesté. Les appels de LFI à ressusciter le Nouveau Front populaire ont trouvé un écho timide, les socialistes hésitant à se rallier à une coalition dominée par les radicaux de Mélenchon. Dans ce contexte, la gauche se condamne à l’éparpillement, incapable d’incarner une alternative crédible au RN.

Le macronisme à bout de souffle, la droite retrouve des couleurs

Le bloc présidentiel, déjà affaibli par la dissolution de 2024, poursuit sa descente aux enfers. Renaissance, MoDem, Horizons et UDI ne rassembleraient plus que 13 à 14 % des voix, contre plus de 21 % lors du précédent scrutin. « C’est la force la plus violemment sanctionnée », estime Frédéric Dabi dans le Figaro. Les anciens électeurs d’Emmanuel Macron se détournent massivement du centre, seuls les seniors et les classes aisées continuant à lui accorder une confiance relative. À peine 48 % des macronistes voteraient encore pour un candidat du bloc central.

Face à cet effondrement, Les Républicains reprennent espoir. Crédités de 11 à 12 %, ils progressent nettement et se replacent au niveau du bloc présidentiel. Le parti de Bruno Retailleau parvient à redresser la barre après des années d’effacement, capitalisant sur le rejet du macronisme et le besoin d’une droite plus ferme mais encore républicaine. Cette remontée nourrit les discussions sur une éventuelle alliance avec le RN : 46 % des sympathisants du « socle commun » souhaitent une union entre la droite et le Rassemblement national, contre seulement 29 % qui préfèrent une candidature autonome.

Si Jordan Bardella tend la main à la droite pour bâtir un « accord de gouvernement » en cas de majorité relative, le camp présidentiel, lui, semble condamné à la marginalité. Le RN s’installe comme la première force politique de France, la gauche s’enlise dans ses querelles internes, et la droite traditionnelle, regonflée, pourrait jouer le rôle d’arbitre d’un nouvel ordre politique. La recomposition engagée par la fin du macronisme n’est plus un scénario : elle est désormais en marche.

Que retenir rapidement ?

La crise politique qui secoue le pays semble désormais tourner à l’avantage du Rassemblement national. Alors que la menace d’une dissolution plane toujours

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