Roumanie : le vice-Premier ministre démissionne après la réapparition d’un scandale de corruption
Roumanie : le vice-Premier ministre démissionne après la réapparition d’un scandale de corruption

Le vice-Premier ministre roumain, Dragos Anastasiu, a présenté sa démission dimanche, rattrapé par une ancienne affaire de corruption dans laquelle il avait été impliqué comme témoin. Cette démission intervient alors que le gouvernement de coalition, en place depuis seulement un mois, tente de mettre en œuvre une série de réformes budgétaires ambitieuses.

Chargé par le Premier ministre Ilie Bolojan de mener à bien la réforme des entreprises publiques, Anastasiu jouait un rôle clé dans le programme de rigueur du gouvernement, visant à réduire le déficit budgétaire le plus important de l’Union européenne. Son départ fragilise une équipe gouvernementale qui promettait de lutter contre le gaspillage et l’inefficacité des finances publiques.

Le scandale refait surface après que la presse a exhumé des détails d’une affaire datant de 2009. À l’époque, une des entreprises fondées par Anastasiu avait été contrainte de verser, pendant huit ans, ce qui s’apparentait à des pots-de-vin déguisés en honoraires de conseil à un inspecteur fiscal. L’entreprise avait fini par dénoncer l’extorqueur, qui a été condamné en 2023. Anastasiu, de son côté, n’a jamais été inculpé.

Dans une déclaration publique, il a insisté sur sa probité, affirmant que son entreprise avait toujours payé ses impôts. « Ces paiements n’étaient pas pour engranger des profits, mais pour assurer la survie de l’activité », a-t-il justifié, tout en reconnaissant que cette situation était devenue politiquement intenable.

Cette démission marque un revers pour le gouvernement Bolojan, qui avait fait de la transparence et de la moralisation de la vie publique un de ses chevaux de bataille. Elle relance également le débat en Roumanie sur l’impact des pratiques de corruption passées sur la stabilité politique actuelle.

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