Référendum sur le budget : Bayrou pousse, Macron freine, la classe politique se divise
Référendum sur le budget : Bayrou pousse, Macron freine, la classe politique se divise

La proposition de François Bayrou de soumettre le budget 2026 à référendum crée une onde de choc politique. En évoquant un « plan d’ensemble » sur la réduction de la dette et des déficits dans Le Journal du dimanche, le Premier ministre a surpris jusque dans son propre camp. Le chef de l’État, seul habilité à convoquer un référendum, reste prudent. « Il est difficile de se prononcer tant que le plan n’est pas présenté », confie un proche d’Emmanuel Macron. Le président n’a pas validé l’idée, préférant attendre les arbitrages budgétaires prévus d’ici au 14 juillet. Bayrou, lui, affirme qu’il faut 40 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit à 4,6 % du PIB l’an prochain.

Un débat révélateur des fractures politiques

À droite, la réaction est sèche. Laurent Wauquiez fustige une manœuvre dilatoire : « Il n’y a pas besoin de référendum pour comprendre que les Français en ont assez du gaspillage. » La gauche insoumise, elle, ironise : Manuel Bompard parle d’une initiative « loufoque », tandis qu’Éric Coquerel juge l’idée « techniquement saugrenue ». À l’inverse, les socialistes se montrent plus ouverts, comme le député Philippe Brun qui estime « sain » d’interroger les citoyens sur l’utilisation de l’argent public. Dans la majorité présidentielle, Aurore Bergé assure que « poser la question sur nos finances publiques est essentiel ».

Un sondage CSA publié le 1er mai révèle que 78 % des Français considèrent que la lutte contre le déficit doit être une priorité. Chez les plus de 65 ans, ce chiffre grimpe à 85 %. La volonté de redressement budgétaire semble donc largement partagée, quel que soit l’appartenance politique : 89 % des sympathisants LR, 87 % de la majorité présidentielle et même 81 % des électeurs socialistes y sont favorables. L’effort, évalué à 40 milliards pour 2026, devrait inclure la suppression d’un tiers des agences de l’État, selon la ministre Amélie de Montchalin.

Si l’opinion publique semble mûre pour un débat de fond sur les finances publiques, le choix du référendum reste suspendu à la décision d’Emmanuel Macron. En attendant, l’hypothèse révèle la fragilité politique du pouvoir exécutif, privé de majorité, et à la recherche d’un soutien direct des Français.

Partager