Alors que la motion de censure déposée par La France insoumise a échoué à seulement 18 voix, une seule élue du groupe LR à l’Assemblée nationale (Droite républicaine) s’est démarquée en la soutenant. Alexandra Martin, députée des Alpes-Maritimes et proche de David Lisnard, a voté les deux motions de censure examinées ce jeudi à l’Assemblée nationale : non seulement celle du groupe LFI-NFP, mais aussi celle déposée par le Rassemblement national et ses alliés de l’UDR.
Une élue isolée au sein de sa famille politique
Membre du parti Nouvelle Énergie, fondé par le maire de Cannes, Alexandra Martin est l’unique députée LR à avoir franchi le pas, alors que son groupe parlementaire avait choisi de ne pas censurer le gouvernement Lecornu II. Dans son entourage politique, cette position s’inscrit dans la ligne défendue par David Lisnard : provoquer une clarification du jeu institutionnel et redonner la parole aux électeurs.
Un vote de conviction
La députée des Alpes-Maritimes justifie son choix par son désaccord avec le projet de budget présenté par Sébastien Lecornu, qu’elle juge « entre les mains des socialistes », mais aussi par conviction :
« Par mes votes ce matin à l’Assemblée nationale, j’ai voulu exprimer la nécessité de sortir du blocage par un retour aux urnes, dans l’esprit de la Vᵉ République : présidentielle puis législatives. Raison pour laquelle avec David Lisnard et d’autres nous demandons la démission d’E. Macron, responsable de tous les déclassements de la France. » explique-t-elle sur son compte X.
Une fracture désormais ouverte à droite
Au sein des Républicains, cette prise de position accentue les lignes de faille entre deux droites : celle qui, autour de Laurent Wauquiez, ménage le gouvernement pour éviter la dissolution, et celle défendue par Bruno Retailleau, Étienne Blanc, François-Xavier Bellamy ou encore David Lisnard, plus encline à une rupture claire avec la majorité présidentielle.
« On ne peut pas continuer comme si de rien n’était. Notre devoir est de construire une alternative crédible, pour ne pas laisser le monopole du discours d’opposition au RN et à LFI », a insisté la députée.
Seule contre son camp, Alexandra Martin incarne ce que certains, à droite, décrivent comme un sursaut de courage politique, un geste symbolique mais révélateur d’une fracture grandissante au sein de la droite parlementaire.