Prison de la Santé : les deux prisonniers qui avaient filmé Nicolas Sarkozy ont été relaxés. (AP)
Prison de la Santé : les deux prisonniers qui avaient filmé Nicolas Sarkozy ont été relaxés. (AP)

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé la relaxe de deux détenus de la maison d’arrêt de la Santé, poursuivis pour avoir menacé l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Les faits remontent à la diffusion d’une vidéo sur TikTok dans laquelle les détenus exprimaient des propos hostiles à l’égard de l’ancien chef de l’État, peu après son incarcération.

Selon la juridiction, les paroles telles que « M. Nicolas Sarkozy va passer une mauvaise détention » ou « On va venger Kadhafi » ne constituent pas une menace de mort caractérisée et ne répondent pas aux critères d’une menace réitérée, condition indispensable pour que l’infraction soit reconnue.

« Je voulais faire le buzz »

Parmi les deux détenus, Ilies B., 28 ans, a reconnu être l’auteur de la vidéo. Il a expliqué qu’il l’avait tournée « pour faire le buzz, avoir des contacts avec les gens » afin de passer le temps dans sa cellule. Les propos incriminés comprenaient également des appels à récupérer de l’argent et des références à Takieddine, ancien acteur de l’affaire du financement libyen.

Son codétenu, Ange O., 24 ans, était poursuivi pour détention illégale d’un téléphone portable dont il avait refusé de fournir le code aux enquêteurs. Il se trouve en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Les deux détenus avaient initialement été convoqués en comparution immédiate mais avaient obtenu un délai pour préparer leur défense.

Nicolas Sarkozy, un prisonnier qui fait parler

Pour rappel, ces événements se sont produits alors que Nicolas Sarkozy venait d’entamer l’exécution d’une peine de prison de cinq ans, dans le cadre de sa condamnation pour financement illégal de campagne, notamment liée au financement libyen en 2007. L’arrivée de l’ancien président à La Santé avait déjà suscité un fort intérêt médiatique, accentué par la diffusion de vidéos filmées à l’intérieur de l’établissement.

Nicolas Sarkozy s’était constitué partie civile, estimant que les menaces formulées contre lui « ne peuvent être laissées sans réponse pénale ». Toutefois, la décision de relaxe a rejeté les demandes de dommages et intérêts formulées à son encontre.

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