Présidentielle 2027 : la droite cherche son candidat, le gouvernement réclame l’union
Présidentielle 2027 : la droite cherche son candidat, le gouvernement réclame l’union

Alors que les derniers sondages confirment Jordan Bardella vainqueur dans tous les scénarios de second tour, la droite traditionnelle cherche encore son chemin vers la présidentielle 2027. Affaiblis, encore marqués par leurs compromissions répétées avec la majorité macroniste, Les Républicains lancent un vaste chantier interne : définir enfin une méthode pour désigner leur candidat à la présidentielle.

Une droite éclatée, six cadres LR pour inventer les règles

Bruno Retailleau entend présenter une équipe de six personnalités censées garantir sérieux et impartialité. Autour de lui, le président du Sénat, Gérard Larcher, le secrétaire général Othman Nasrou et les responsables de la commission nationale d’investiture Roger Karoutchi, Patrick Hetzel, Nadine Morano ou encore Maître Henri de Beauregard. Leur mission : inventorier les options existantes, établir un calendrier et préparer la consultation des adhérents en 2026.

Mais à chacun son idée de la meilleure méthode. Laurent Wauquiez rêve d’une primaire des droites, allant jusqu’à Reconquête. Bruno Retailleau penche pour une primaire fermée, strictement réservée aux Républicains. Xavier Bertrand rejette l’idée même d’une primaire, convaincu qu’un candidat « naturel » peut encore émerger sans passer par les urnes internes. Michel Barnier défend un conclave à huis clos entre LR, Horizons, Modem et Renaissance. David Lisnard veut une primaire largement ouverte, incluant tout le spectre de la droite et du centre, Sarah Knafo comprise. Valérie Pécresse plaide pour une primaire ouverte, mais sans Reconquête ni RN. Et, en coulisses, certains imaginent un profil venu de la société civile ou du monde militaire.

Un véritable concours Lépine de la primaire, symptomatique d’un parti qui ne parvient plus à s’unir, se projeter ni peser.

Bardella favori dans tous les scénarios, la majorité appelle LR à se rallier

Cette hésitation contraste avec le paysage électoral alors que Jordan Bardella est donné gagnant dans tous les face-à-face testés. Pour la macronie, qui sent le sol se dérober sous ses pieds, l’heure n’est plus aux nuances mais aux injonctions :

« Il faut un candidat unique de Gabriel Attal à Bruno Retailleau » a appelé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, sur Sud Radio ce matin. Refuser cette union reviendrait à porter une responsabilité majeure si le président du RN remportait l’élection. « Sans candidat unique, tous regarderont le second tour depuis leur canapé ».

Pendant que les Républicains tentent laborieusement de définir leurs propres règles, le gouvernement exige déjà leur ralliement, les pressant de s’inscrire pour de bon dans un socle central commun, enterrant une fois de plus l’indépendance qu’ils prétendent reconquérir.

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