Pierre Moscovici a livré lundi son bilan des Jeux olympiques de Paris 2024 devant le Parlement, comme l’impose la loi olympique. Le premier président de la Cour des comptes a salué une « success-story », vantant le rayonnement international de la France, l’enthousiasme populaire et la performance sportive. Mais derrière les images triomphales, il rappelle un coût global de 6,65 milliards d’euros d’argent public, pour moins de 300 millions de recettes fiscales et commerciales. Interrogé sur l’écart avec les chiffres avancés par le comité d’organisation, qui juge ce calcul disproportionné, Moscovici assume : « La question, c’est combien ça coûte. Pour le contribuable et le citoyen, il faut faire le coût global et je ne vois pas pourquoi on cacherait ce chiffre. » L’ancien ministre assure ne pas juger mais informer, soulignant que de tels événements n’équilibrent jamais leurs comptes : « Forcément, ces événements ne génèrent pas des recettes correspondant aux dépenses. C’est un investissement pour la nation. »
Une facture scrutée au centime près
La Cour des comptes a multiplié les contrôles sur Paris 2024, avec dix-sept enquêtes et une centaine de recommandations. Selon ses magistrats, le comité d’organisation a néanmoins dégagé un boni de 75,7 millions d’euros, mais cela ne change rien à la charge nette supportée par l’État. Moscovici a annoncé qu’un rapport spécifique sur le comité sera publié début 2026, suivi d’un bilan plus complet sur l’héritage des Jeux au premier semestre. Les critiques portent sur la gouvernance et sur la nécessité d’une transparence totale. La Cour insiste pour que les futurs organisateurs ne répliquent pas les zones d’ombre financières et s’entourent d’un contrôle indépendant et renforcé.
Alpes 2030 dans le viseur
Déjà, le prochain grand rendez-vous se profile. Les Jeux d’hiver 2030, attribués aux Alpes françaises, font l’objet d’une vigilance particulière. La garantie de l’État, évaluée à 362 millions d’euros, s’ajoute à 50 millions promis par chaque région concernée. « Il faudra renforcer le rôle de contrôle des comités et notamment celui du comité d’audit », a insisté Nacer Meddah, président de la 3e chambre de la Cour des comptes. Le premier rapport est attendu pour 2028, mais Moscovici prévient : le modèle économique des Jeux d’hiver, par nature déficitaire, devra être surveillé de près. Dans un contexte politique fragile, où l’examen du projet de loi sur l’organisation des JO a été repoussé, l’institution financière entend se poser en vigie permanente. Après Paris, les Alpes devront prouver que le faste olympique peut cohabiter avec une gestion publique maîtrisée.
Que retenir rapidement ?
Pierre Moscovici a livré lundi son bilan des Jeux olympiques de Paris 2024 devant le Parlement, comme l’impose la loi olympique. Le premier président de la