PAC - Bruxelles taille dans le budget français, colère à Paris @pxhere
PAC - Bruxelles taille dans le budget français, colère à Paris @pxhere

C’est une coupe nette qui passe mal. Bruxelles propose de réduire d’environ deux milliards d’euros les aides agricoles versées à la France dans le cadre de la future Politique agricole commune. L’annonce a immédiatement suscité la réaction de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui dit ne pas comprendre un tel désengagement alors que la Commission européenne vante sans cesse le rôle stratégique de l’agriculture pour la souveraineté alimentaire. La proposition européenne fixe un plancher de 51 milliards d’euros d’aides au revenu sur sept ans, soit environ 7,3 milliards par an. Aujourd’hui, la France perçoit 9,3 milliards par an, soit un total de 65 milliards pour la période 2021-2027. Bruxelles estime qu’il n’est pas pertinent de comparer les chiffres actuels avec les montants futurs, présentés comme des minima. Une précision qui ne rassure guère Paris ni les syndicats agricoles, déjà ulcérés par une baisse de 20 % du budget global européen alloué à l’agriculture.

Une bataille budgétaire qui s’annonce longue

La ministre française a profité d’une réunion à Bruxelles pour hausser le ton. Elle a dénoncé un décalage flagrant entre les discours et les chiffres, exigeant une clarification rapide. Selon elle, la France sera « d’une vigilance absolue » durant les discussions. Derrière cette fermeté, un contexte tendu : l’agriculture reste le premier poste de dépenses de l’Union, et les arbitrages budgétaires lancés mi-juillet doivent s’étendre sur deux ans. La Commission promet que d’autres fonds européens resteront mobilisables pour compléter le soutien, à la main des États. Mais l’argument peine à convaincre. Sur le terrain, les agriculteurs redoutent déjà des revenus fragilisés et une distorsion de concurrence avec leurs voisins. Les syndicats dénoncent une PAC rabotée, incohérente avec les ambitions affichées de transition écologique et de sécurité alimentaire. Si les négociations budgétaires européennes sont toujours marquées par des bras de fer nationaux, la France aborde cette séquence avec une inquiétude particulière : comment défendre sa place de première bénéficiaire de la PAC quand l’enveloppe globale se réduit ? Derrière les chiffres, c’est toute une vision du rôle stratégique de l’agriculture européenne qui est en jeu.

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