Nicolas Sarkozy refuse l’idée d’un front républicain contre le RN et mise sur un «rassemblement large» de la droite. (AP,DR)
Nicolas Sarkozy refuse l’idée d’un front républicain contre le RN et mise sur un «rassemblement large» de la droite. (AP,DR)

Nicolas Sarkozy affirme, dans son livre à paraître Le Journal d’un prisonnier, avoir clairement indiqué à Marine Le Pen qu’il ne participerait à aucun « front républicain » destiné à faire barrage au Rassemblement national. L’ancien chef de l’État défend au contraire l’idée d’un « rassemblement de la droite le plus large possible, sans anathème », une ligne stratégique qu’il présente comme indispensable à la reconstruction de sa famille politique.

Sarkozy a eu un échange téléphonique avec Marine Le Pen

Nicolas Sarkozy raconte avoir appelé Marine Le Pen au lendemain de sa condamnation, le 25 septembre dernier, à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Il dit avoir souhaité la remercier pour avoir publiquement pris sa défense.

Au cours de cette conversation, la présidente du RN lui aurait demandé si, compte tenu de l’écho que sa parole conserve auprès « de l’électorat populaire », il soutiendrait un front républicain lors de futures échéances électorales. L’ancien président rapporte avoir répondu sans ambiguïté : « Non, et de surcroît je l’assumerai en prenant le moment venu une position publique sur le sujet. »

Dans son ouvrage, il détaille sa vision stratégique : selon lui, la droite ne pourra se recomposer que dans un esprit d’ouverture, « sans exclusive et sans anathème », une manière de prôner un rapprochement politique plus large que celui traditionnellement défendu par Les Républicains.

Une critique ouverte d’Emmanuel Macron

L’ancien chef de l’État s’exprime également sur sa relation avec Emmanuel Macron, qu’il a rencontré peu avant son incarcération, le 21 octobre. Il confie ne pas avoir souhaité engager une conversation amicale avec le chef de l’État : « Je n’avais rien à lui dire et n’avais guère envie d’une discussion amicale avec lui. »

Sarkozy affirme que leurs relations s’étaient dégradées depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, décision qu’il qualifie de « funeste ». Il évoque aussi la « méfiance » suscitée par le retrait de sa Légion d’honneur après sa condamnation dans l’affaire des écoutes. Il dit avoir alors « tourné la page » de leur amitié tout en assurant ne pas vouloir devenir un opposant systématique à la politique d’Emmanuel Macron.

Un livre entre récit carcéral et manifeste politique

Le Journal d’un prisonnier, rédigé à l’issue des vingt jours qu’il a passés à la prison de la Santé, mêle récit personnel, réflexions sur la détention et considérations politiques. Ce témoignage, présenté comme un document rare dans l’histoire contemporaine d’un ancien chef de l’État français, dévoile à la fois son expérience de l’incarcération et sa vision de l’avenir de la droite.

L’ouvrage, attendu en librairie mercredi, nourrit déjà de nombreux commentaires dans la classe politique, certains y voyant une nouvelle étape de l’influence persistante de Nicolas Sarkozy, d’autres un signal sur les rapports de force en recomposition à droite.

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