Après six mois à la tête du ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau confirme sa volonté de mener une politique migratoire ferme et assumée. Lors d’une conférence de presse donnée ce jeudi 10 avril, le ministre a dressé un premier bilan de son action et annoncé de nouvelles orientations, notamment un durcissement des conditions d’accès à la nationalité française.
Dans un souci de cohérence et de clarté, Bruno Retailleau prévoit l’envoi « très prochainement » d’une circulaire aux préfets afin de renforcer les exigences pour obtenir la nationalité française. Une mesure qui s’inscrit dans une philosophie claire : « Le droit de séjour est une faveur qu’on accorde, pas un dû », a rappelé le ministre. Citant l’article 24 du Code civil, il a souligné le rôle central de l’« assimilation », condition essentielle selon lui pour accéder à la citoyenneté.
Ce durcissement s’ajoutera à la réforme votée fin 2024, qui prévoit notamment une augmentation du niveau de français requis pour obtenir un titre de séjour à partir de janvier 2026.
Une politique de résultats
Retailleau a présenté des chiffres sans équivoque : baisse de 9 % des visas de long séjour, recul de 7 % des primo-délivrances de titres de séjour et diminution de 20 % des régularisations depuis janvier. Surtout, il s’est félicité d’un net renforcement de l’efficacité des éloignements, avec une hausse de 60 % des expulsions depuis les centres de rétention administrative.
La politique de fermeté prônée par Retailleau semble également porter ses fruits dans les relations diplomatiques. Après plusieurs mois de crise avec Alger, les laissez-passer consulaires — essentiels pour reconduire les étrangers en situation irrégulière — ont bondi de 93,5 % début 2025. Le ministre prévoit désormais un déplacement au Maroc pour consolider les avancées sur ce dossier stratégique.
Cap sur l’emploi et la responsabilisation
Soucieux d’équilibrer rigueur et pragmatisme, Bruno Retailleau soutient également la mise en œuvre de la loi sur l’immigration adoptée en 2024. Il a confirmé la publication, d’ici septembre au plus tard, de la nouvelle liste des métiers en tension, afin d’orienter les étrangers en situation régulière vers les secteurs qui recrutent. Une logique d’intégration par le travail, mais aussi de responsabilisation.
Alors qu’il est candidat à la présidence des Républicains, Retailleau affirme ne pas vouloir faire de la polémique un outil politique. Mais dans les faits, il imprime une ligne claire : restaurer l’autorité de l’État, réguler avec fermeté l’immigration, et replacer la souveraineté nationale au cœur du débat. Une politique de rupture assumée et désormais chiffrée.