Au lendemain d’un énième meurtre à Marseille sur fond de trafic de drogue, Emmanuel Macron a convoqué ce mardi matin une réunion de crise à l’Élysée. Officiellement, il s’agit de « faire le point » sur la mise en œuvre de la loi narcotrafic et la situation explosive à Marseille. Pour beaucoup d’élus, c’est surtout une réaction tardive et improvisée.
Lisnard accuse l’État d’inaction et réclame des mesures de fermeté
Invité sur BFMTV, le président de l’AMF, David Lisnard, a dénoncé un nouveau « coup de communication ». Il rappelle que les maires alertent « depuis des années » sur l’ampleur du trafic : « 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 250 000 personnes qui en vivent, parfois des familles entières », pendant que « toutes les forces de l’ordre réunies représentent 200 000 agents ».
À chaque problème sa solution. Face au fléau du narcotrafic et la participation de mineurs, l’élu cannois réclame une véritable responsabilisation des familles des concernés : suppression des allocations ou encore exclusion du logement social.
Le RN dénonce des “réunions inutiles” et réclame un choc d’autorité
Le dispositif réuni par l’Élysée (Intérieur, Justice, douanes, parquet de Marseille, hauts responsables policiers) n’a pas convaincu l’opposition. « Assez de réunions, assez de discours d’intention » fustige Marine Le Pen. Le gouvernement n’a-t-il pas rejeté toutes les mesures de fermeté proposées par le RN à l’Assemblée ces dernières années ? Peines planchers, expulsions des criminels étrangers, suspension des aides aux trafiquants…
À Marseille, où les règlements de comptes se multiplient, le député RN et candidat à la mairie pour 2026, Franck Allisio va plus loin et réclame désormais l’état d’urgence, jugeant la situation hors de contrôle.
Alors que l’Élysée promet de « s’adapter » à un narcotrafic plus jeune, plus diffus et plus violent que jamais, la droite voit au contraire un pouvoir dépassé qui se contente de paroles. Car, dans les quartiers minés par les réseaux, l’urgence n’est plus au diagnostic, mais aux résultats.