Pour son premier meeting, le député LFI Sébastien Delogu a choisi l’escalade verbale et l’alliance communautaire, aux côtés de la vedette des émeutiers, Assa Traoré. À la tribune, un refrain désormais rodé : « la police tue », parfaitement aligné sur la stratégie électorale de La France insoumise.
L’anti-police comme carburant militant
« Ça les fait criser quand on dit que la police tue, mais la police a tué son frère ». Provocation ou diffamation ? Désignant son invitée d’honneur bien choisie, Assa Traoré, le député LFI des Bouches-du-Rhône ravive la polémique. Sujet de crispations à l’extrême-gauche, l’affaire Adama Traoré a pourtant été tranchée par la justice française : en 2024, la cour d’appel de Paris a confirmé un non-lieu définitif en faveur des gendarmes, dans la mort du délinquant déjà connu des services de police. Mais chez LFI, les faits importent moins que la narration militante.
Chez les insoumis, les exemples ne manquent pas en la matière et encore récemment, quatre de leurs députés de premier plan (Manon Aubry, Paul Vannier, Aurélien Taché, Ersilia Soudais) affirmaient une fois de plus que « la police tue toujours ». Pourtant, dans l’affaire Traoré comme celle de Zyad et Bouna, la justice n’a jamais condamné les policiers, contredisant la propagande insoumise sur leur volonté dite systémique de tuer.
Même refrain chez Danièle Obono, soucieuse de dénoncer les « violences policières » et multipliant les slogans « Face à la police, légitime défiance » ou « La police assassine », représentant fièrement une circonscription pourtant ravagée par la drogue et la violence.
Si la police est un adversaire politique de LFI, Marseille devient, avec Delogu, son nouveau théâtre. Le candidat insoumis, ancien chauffeur de Mélenchon, n’en est pas à son premier coup d’éclat : drapeau palestinien brandi à l’Assemblée, condamnation pour violences ou encore main courante déposée contre lui pour menaces en plein conflit d’affichage électoral… Sa liste « Marseille fière et populaire » s’annonce comme un cocktail d’agit-prop, de communautarisme et de défiance envers les forces de l’ordre, dans une ville déjà éprouvée par les trafics et les règlements de comptes. Alors que la cité phocéenne compte 106 exécutions liées au narcotrafic en un an, l’urgence serait à la sécurité, la justice et l’ordre républicain. LFI, elle, choisit la confrontation avec la police et l’exploitation méthodique d’un électorat communautaire soigneusement ciblé.
Une stratégie électorale assumée : le vote communautaire
Car cette offensive répétée s’inscrit dans une stratégie idéologique connue, promue en 2011 par le rapport Terra Nova, véritable feuille de route de la nouvelle gauche. Ce document recommandait explicitement d’abandonner l’électorat ouvrier, jugé « perdu », au profit des minorités, en allant chercher dans les banlieues un nouvel électorat, poussant une politique d’immigration et de naturalisation de masse pour décrocher ces nouvelles voix.
Les dernières élections présidentielles ont montré le succès de cette stratégie puisqu’en 2022, 69% des électeurs musulmans ont accordé leur voix au premier tour à Jean-Luc Mélenchon, le hissant en troisième position. Même chose aux européennes où ils sont 62% à avoir voté pour la liste insoumise portée par Manon Aubry, selon une étude Ifop pour La Croix.
Comme un écho au meeting de Delogu, la traditionnelle Fête des Lumières à Lyon a connu samedi la même hostilité anti-police. Parmi les inscriptions projetées sur les monuments, « La police blesse et tue » ou « On dégage le RN », une opération revendiquée par le mouvement pourtant dissous des Soulèvements de la Terre. La préfète Fabienne Buccio a dénoncé des messages « inadmissibles » alors que 500 policiers étaient mobilisés pour sécuriser l’événement.