Nouvel échec pour François Bayrou. Réunis mardi matin, les députés et sénateurs n’ont pas réussi à s’accorder sur la réforme du mode de scrutin municipal dans les trois grandes métropoles françaises. Défendu par le Premier ministre et Rachida Dati, le projet visait à remplacer le système issu de la loi PLM de 1982 par un double scrutin distinct pour les conseils d’arrondissement et municipaux. Mais en moins de trente minutes, la commission mixte paritaire a constaté un désaccord profond entre l’Assemblée, favorable, et le Sénat, fermement opposé.
Une réforme explosive sur fond de calculs politiques
Derrière l’objectif affiché de « lisibilité démocratique », c’est une bataille électorale qui se joue. Les soutiens du texte – Renaissance, MoDem, LFI, RN et les députés LR – espèrent qu’il redessinera la carte électorale au profit du bloc central. Ses opposants – les sénateurs LR, les socialistes et Anne Hidalgo – dénoncent une réforme précipitée, pensée pour favoriser Rachida Dati à Paris.
Face à l’impasse, François Bayrou doit désormais décider : renoncer à la réforme, ou passer outre le Sénat en imposant le dernier mot des députés, au risque de fracturer un peu plus la majorité. Un pari risqué à neuf mois des municipales, qui révèle une fois encore les profondes fractures du camp gouvernemental.