Horst Mahler, figure aussi marquante que controversée de l’histoire politique allemande, est décédé à l’âge de 89 ans à Berlin, a rapporté jeudi le New York Times, citant son avocat. Cofondateur de la Fraction armée rouge (RAF), groupe terroriste d’extrême gauche ayant semé la terreur en Allemagne de l’Ouest dans les années 1970, Mahler avait plus tard effectué un virage radical vers l’extrême droite, devenant notamment négationniste de la Shoah.
Dans les années 1970, Mahler, alors avocat militant, fut l’un des membres fondateurs de la RAF, aussi connue sous le nom de bande à Baader. Le groupe est responsable d’une série d’assassinats, d’enlèvements et d’attentats à la bombe visant l’État, les institutions financières et des personnalités politiques et économiques. Condamné pour ses activités, Mahler a passé près de dix ans en détention.
Sa trajectoire a ensuite pris un tournant inattendu. Dans les années 2000, il s’est rapproché de l’idéologie néonazie, rejoignant brièvement le Parti national-démocrate (NPD), formation d’extrême droite régulièrement accusée de révisionnisme historique. Mahler a de nouveau été emprisonné pour incitation à la haine raciale, notamment en raison de ses déclarations niant l’existence de l’Holocauste, un crime en Allemagne.
Né en 1936 à Chojnow — aujourd’hui en Pologne — dans une famille aux sympathies nazies malgré des origines juives, Mahler a connu la fuite vers l’ouest à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce passé familial et cette jeunesse marquée par l’effondrement du Troisième Reich n’ont fait qu’ajouter à la complexité de son parcours idéologique.
Jusqu’à ses derniers jours, Mahler est resté une figure radicale, détestée par les uns, étudiée par d’autres pour son itinéraire politique atypique et déroutant, allant de l’ultragauche armée à l’extrême droite antisémite. Son décès clôt le chapitre d’une vie marquée par les extrêmes, la violence et la provocation.