Mont-Saint-Michel : les élus normands dénoncent un modèle économique inefficace
Mont-Saint-Michel : les élus normands dénoncent un modèle économique inefficace

Dans un courrier adressé au Premier ministre François Bayrou, les principaux élus de Normandie réclament une refonte du modèle économique qui régit la gestion du Mont-Saint-Michel. Ils dénoncent un déséquilibre criant entre les recettes générées par l’abbaye et les faibles moyens alloués à l’établissement public chargé du site.

Des millions encaissés, mais peu redistribués localement

Hervé Morin, président de la Région Normandie, Jean Morin, président du Département de la Manche, ainsi que David Nicolas, à la tête de l’agglomération Mont-Saint-Michel-Normandie, ont cosigné cette requête, soutenue par plusieurs parlementaires de la Manche. Tous estiment que le modèle en vigueur depuis la création de l’établissement public du Mont en 2020 ne permet pas d’assurer durablement le développement touristique et patrimonial du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Centre des monuments nationaux (CMN), qui gère l’abbaye, est pointé du doigt : il aurait considérablement augmenté ses tarifs d’entrée, générant ainsi plusieurs millions d’euros supplémentaires, sans pour autant réinvestir à la hauteur des besoins du site. Le CMN opérerait en effet un prélèvement supérieur à 7 millions d’euros, ne reversant qu’une fraction (600 000 euros) à l’établissement public local, confronté à un mur d’investissement de plus de 30 millions.

Vers une gouvernance unifiée ?

Ce partage inégal, combiné à une baisse des aides de l’État, inquiète fortement les élus. La Cour des comptes, dans son dernier rapport, confirme leurs observations et appelle à une clarification des rôles entre les différentes entités publiques. Elle recommande notamment une délégation de la gestion de l’abbaye au profit de l’établissement du Mont. Les élus normands vont plus loin : ils plaident pour un modèle unifié, comparable à ceux de Chambord ou de Versailles, où l’ensemble des recettes générées serait directement réinjecté dans le site. Ce dossier prend une portée nationale, selon les signataires, qui soulignent l’opportunité pour l’État de démontrer sa capacité à rationaliser son action publique. Ils dénoncent la mainmise bureaucratique du CMN et appellent à une réforme structurelle qui donnerait enfin aux collectivités les moyens de gérer pleinement ce joyau touristique français.

Partager