Marseille : le maire Benoît Payan menacé de mort pour avoir partagé un couscous @wikipedia commons
Marseille : le maire Benoît Payan menacé de mort pour avoir partagé un couscous @wikipedia commons

La scène pourrait sembler dérisoire si elle n’était pas glaçante. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a révélé lundi avoir reçu une avalanche d’insultes et de menaces de mort après avoir participé au Kouss Kouss Festival, un rendez-vous culinaire organisé avec l’office du tourisme et la ville. Des messages relayés sur X et Instagram l’ont visé directement, certains appelant à le « pendre » ou à le « déporter », assortis de références explicites à des exécutions.

Des attaques politiques et racistes assumées

Les auteurs de ces messages qualifient l’édile « d’idiot utile des Frères musulmans » et l’associent à des fantasmes complotistes, simplement parce qu’il a pris part à un événement célébrant la culture méditerranéenne. « Menacé de mort pour avoir mangé un couscous dans le cadre d’un festival marseillais, je ne céderai évidemment rien », a répondu Benoît Payan, dénonçant un climat alimenté par les discours racistes et l’extrême droite.

Une vague de soutien politique

Rapidement, de nombreux élus ont réagi. Ali Rabbeh, maire (Génération.s) de Trappes, a appelé à « organiser la riposte » face à des menaces qui illustrent selon lui la banalisation d’un racisme décomplexé. Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, a également exprimé sa solidarité, rappelant que « celles et ceux qui défendent une société de solidarité sont pris pour cibles partout ». Même son adversaire politique pressenti pour les municipales de 2026, le député insoumis Sébastien Delogu, a pris position : « Aucun désaccord politique ne doit surpasser la nécessité de faire bloc face aux attaques des racistes et de l’extrême droite. » Au-delà de la polémique, l’affaire souligne la violence croissante du débat public, où un geste aussi banal qu’un repas partagé peut devenir le prétexte à des appels au meurtre. À Marseille, le maire a martelé qu’il ne renoncerait pas à promouvoir une ville du « vivre-ensemble », quelles que soient les intimidations.

Partager