Marine Tondelier tance François Ruffin, la gauche se déchire sur l’immigration de travail
Marine Tondelier tance François Ruffin, la gauche se déchire sur l’immigration de travail

Marine Tondelier n’a pas mâché ses mots. Sur Sud Radio, la secrétaire nationale des Écologistes s’est dite « en colère » contre François Ruffin après les propos du député de la Somme, qui s’est dit « hostile à l’immigration de travail ». Dans sa bouche, l’accusation est lourde de sous-entendus politiques: Ruffin « convoque les sujets de l’extrême droite » et, pire encore à ses yeux, accepte d’en reprendre le cadrage.

Car pour Tondelier, le terrain est piégé. « Une grosse partie du système médiatique essaie de prescrire des thèmes qui sont favorables à l’extrême droite », a-t-elle insisté, affirmant que l’immigration « n’est pas le sujet principal qui touche le quotidien des Français ». Le message est limpide: à gauche, parler d’immigration, c’est risquer de jouer à domicile chez le RN. Or Tondelier et Ruffin sont engagés dans un processus de primaire unitaire, censé fabriquer un récit commun, pas étaler les divergences à la lumière crue des micros.

Ruffin revendique une ligne sociale, ses alliés d’hier fulminent

Au cœur de la dispute, une idée que Ruffin assume et répète: la France doit former ses propres soignants et ne pas « piller des talents » à l’étranger. « La France ne doit pas faire appel à des médecins algériens, tunisiens ou roumains », avait-il lancé, avant de préciser qu’une fois sur le territoire, ces professionnels doivent bénéficier de « pleins droits » et d’une reconnaissance entière. Sur BFMTV, il a résumé sa position en une formule qui claque: « Je veux de l’accueil plein et entier (…) mais non à une immigration excessive. »

Dans la gauche éclatée d’aujourd’hui, cette nuance ne suffit pas toujours. Ruffin, déjà sorti avec fracas de La France insoumise en 2024, a vu revenir les procès en “droitisation” comme un boomerang, certains ex-alliés allant jusqu’à le traiter de « rouge-brun ». Au fond, la bataille dépasse sa seule personne: elle raconte une gauche qui cherche à reconquérir l’électorat populaire sans donner le sentiment de courir après les thèmes du RN, alors que les pénuries de main-d’œuvre et la question des métiers en tension ramènent, quoi qu’on en dise, l’immigration de travail au centre de la scène politique.

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.