Marine Le Pen galvanise ses troupes à Narbonne : « Le RN, parti du travail et de la France »
Marine Le Pen galvanise ses troupes à Narbonne : « Le RN, parti du travail et de la France »

Devant une foule survoltée de plus de 5 000 personnes réunies à Narbonne, Marine Le Pen a prononcé un discours offensif à l’occasion du traditionnel rassemblement du Rassemblement national du 1er-Mai. Condamnée à une peine d’inéligibilité avec exécution immédiate, la cheffe des députés RN n’en démord pas : elle compte bien être la candidate du camp national en 2027. « L’immigration massive fait chavirer notre système de protection sociale », a-t-elle lancé, déclenchant une salve d’applaudissements. Un message limpide : malgré la pression judiciaire, elle reste aux commandes.

Aux côtés de Jordan Bardella, elle a rappelé son attachement au travail, à l’identité nationale et à la souveraineté économique. Pour le président du RN, le parti s’impose désormais comme celui de la « France qui travaille ». Il a aussi dénoncé l’ »écoterrorisme » dont seraient victimes les agriculteurs, avant de conclure sur un vibrant « Vive le travail ! », salué par les militants. Dans un Sud-Ouest largement conquis au RN, les deux figures du mouvement ont ainsi célébré un 1er mai aux accents patriotes et sociaux.

Une unité affichée sous tension

Le meeting s’est déroulé dans une ambiance bon enfant, malgré quelques tensions à l’extérieur. À l’intérieur, les militants ont affiché leur fidélité à la ligne du parti, multipliant selfies et chants, pendant que les parlementaires du département – tous élus RN – recevaient une véritable ovation. Un contraste marqué avec l’atmosphère plus tendue du siège parisien, encore marqué par le choc de la condamnation de Marine Le Pen.

Interrogée sur l’hypothèse d’un empêchement judiciaire, la candidate à trois reprises à la présidentielle a balayé les spéculations. « Si je passais sous un camion, Bardella serait là. Mais ce n’est pas le cas », a-t-elle ironisé. En réponse aux rumeurs d’un plan B, elle a réaffirmé qu’elle n’avait pas renoncé et comptait bien faire valoir son innocence en appel. Une manière de garder la main sur le calendrier présidentiel, en dépit des calculs internes qui se dessinent.

Car derrière les sourires affichés, une guerre de succession couve. La sortie récente de Jordan Bardella dans Le Parisien, où il se dit prêt à se porter candidat si Marine Le Pen est empêchée, a surpris jusqu’aux cadres du parti. L’apparition discrète mais symbolique de Louis Aliot à Narbonne, ou encore le retour dans l’orbite RN de Marion Maréchal, ajoute encore à la tension. L’unité affichée n’est qu’apparente, et les ambitions se réveillent.

Marine Le Pen, elle, préfère projeter l’image d’une candidate combative, fidèle à sa ligne. « Ils vous ont volé la victoire en 2024, ils veulent vous voler celle de 2027 », a-t-elle martelé. Pour elle, l’enjeu est clair : rallier les classes populaires autour du triptyque travail, nation, identité. Un pari risqué, mais que la fille de Jean-Marie Le Pen n’a manifestement pas abandonné.

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