Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l’Assemblée nationale, a réclamé pour la première fois le départ de Delphine Ernotte, la dirigeante de France Télévisions. La cheffe du RN estime que la présidente du groupe public a « franchi une ligne rouge » en qualifiant la chaîne CNews de média d’extrême droite, une prise de position qu’elle juge incompatible avec les responsabilités d’une dirigeante censée garantir la neutralité du service public.
Les propos polémiques de Delphine Ernotte
Dans un entretien récent, Delphine Ernotte a affirmé qu’« il faut admettre que CNews est un média d’opinion » et a appelé la chaîne à « assumer d’être une chaîne d’extrême droite ». Ces déclarations ont immédiatement suscité une tempête médiatique, venant alimenter un climat déjà tendu entre les chaînes du groupe Bolloré et l’audiovisuel public. Pour Marine Le Pen, une telle sortie démontre que la présidente de France Télévisions se comporte en militante politique plutôt qu’en garante de la neutralité du service public.
La réponse de Marine Le Pen
Face à ces propos, la dirigeante du RN a martelé qu’il ne revient pas à la présidente de France Télévisions de distribuer des « brevets d’honorabilité » aux chaînes privées. Selon elle, « Delphine Ernotte est une militante très marquée à gauche, c’est un secret de Polichinelle ! ». En s’attaquant ouvertement à une chaîne privée, la présidente de France Télévisions aurait dépassé son rôle et perdu toute légitimité à diriger l’audiovisuel public. Marine Le Pen estime donc qu’elle doit quitter ses fonctions, considérant qu’un service financé par l’argent des contribuables ne peut se permettre de sombrer dans le militantisme.
Un débat sur la neutralité et la privatisation
Au-delà de la polémique personnelle, Marine Le Pen en profite pour relancer son projet de privatisation de l’audiovisuel public. Elle rappelle que la France consacre près de 4 milliards d’euros par an à ce secteur et qu’une telle dépense ne se justifie pas si l’exigence de neutralité n’est pas respectée. Selon elle, les médias privés ont le droit d’être des médias d’opinion, mais le service public, financé par tous les Français, doit être irréprochablement neutre. L’affaire Ernotte devient ainsi, aux yeux du RN, la démonstration de la nécessité d’un changement radical de modèle.
Une bataille médiatique et politique
Cette nouvelle confrontation s’inscrit dans un contexte plus large de guerre ouverte entre l’audiovisuel public et les chaînes du groupe Bolloré. Depuis l’affaire dite « Legrand-Cohen », où deux journalistes du service public ont été pris en flagrant délit de proximité avec le Parti socialiste, la question de la neutralité des médias publics est devenue un sujet explosif. En désignant CNews comme une chaîne d’extrême droite, alors que le service public est tout sauf un exemple en matière de neutralité, le tout avec l’argent des Français, Delphine Ernotte a jeté de l’huile sur le feu, offrant à Marine Le Pen l’occasion de transformer ce bras de fer médiatique en combat politique sur l’avenir de l’audiovisuel en France.