La bataille judiciaire aura duré deux ans, mais elle s’achève sur un verdict sans ambiguïté : la Cour de cassation a cassé la décision de la cour d’appel de Versailles et donne raison à L’Incorrect. Une victoire nette pour le magazine, qui contestait sa condamnation en première instance après avoir qualifié Valérie Pécresse de « meilleur espoir des collabos » dans un dossier consacré aux élus jugés complaisants envers l’islamisme.
En 2020, le journal pointait la participation de la présidente d’Île-de-France à un iftar en Seine-Saint-Denis, aux côtés d’acteurs associatifs liés à la Mosquée de Pantin, tristement connue pour avoir diffusé la vidéo visant Samuel Paty. Pécresse avait alors immédiatement saisi la justice pour injure publique. Le tribunal lui avait donné gain de cause en 2023, avant que le magazine ne fasse appel puis se pourvoie en cassation.
Une décision qui marque un tournant pour la liberté d’expression
En annulant l’arrêt de la cour d’appel, la plus haute juridiction tranche en faveur de la liberté éditoriale et de la possibilité, pour la presse d’opinion, de qualifier politiquement les actes d’élus lorsque cela s’appuie sur des faits avérés. Le dossier de L’Incorrect, qui dénonçait les ambiguïtés de certains responsables publics face à l’islamisme, est donc reconnu comme relevant du débat politique et non de l’injure.
Pour le magazine, cette issue favorable constitue une victoire symbolique autant que juridique. Elle valide la démarche d’un titre qui revendique un ton caustique mais s’inscrit dans le cadre légal. Et elle rappelle qu’en démocratie, l’exigence de liberté de parole prime, y compris lorsqu’elle dérange les puissants.
Cette décision ouvre enfin une brèche dans un climat médiatique et judiciaire souvent prompt à sanctionner la critique dès qu’elle touche à l’islamisme ou à ses complaisances supposées. Pour L’Incorrect, c’est l’aboutissement d’un combat mené au nom d’un principe simple : pouvoir nommer les choses sans être traîné devant les tribunaux.