NEWARK – Mahmoud Khalil, figure emblématique des manifestations pro-palestiniennes sur les campus américains, a promis samedi de reprendre son activisme politique dès son retour à New York, au lendemain de sa libération sous caution d’un centre de détention pour immigrants. À peine descendu de l’avion à l’aéroport Newark Liberty, dans le New Jersey, le jeune homme de 30 ans a été chaleureusement accueilli par sa femme, citoyenne américaine, et par une foule de partisans, dont la députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez.
« Même s’ils me menaçaient d’arrestation, même s’ils me tuaient, je défendrais encore la Palestine », a-t-il lancé, un bouquet de fleurs à la main, sous les applaudissements de ses soutiens. « Je veux simplement rentrer et poursuivre le travail que je faisais déjà : défendre les droits des Palestiniens, une parole qui mérite d’être célébrée plutôt que sanctionnée. »
Khalil, diplômé tout récemment de l’Université Columbia à Manhattan, avait été arrêté le 8 mars dans le hall de son immeuble universitaire par des agents fédéraux de l’immigration. Il est devenu la première cible visible d’une politique de l’administration Trump visant à expulser des étudiants étrangers en raison de leurs positions pro-palestiniennes ou critiques à l’égard d’Israël.
Son arrestation avait déclenché une vague d’indignation sur les campus et parmi les élus progressistes. Ocasio-Cortez a dénoncé ce qu’elle qualifie de « persécution politique » orchestrée par la Maison Blanche. Elle a déclaré samedi : « Le président Trump s’attaque aux voix dissidentes sur le sol américain, en particulier celles qui osent défendre les droits des Palestiniens. C’est un précédent extrêmement dangereux. »
L’affaire Khalil reste toutefois loin d’être réglée. Bien que libéré sous caution, il demeure sous la menace d’une expulsion, son dossier étant actuellement examiné par la Commission d’appel de l’immigration. Selon son équipe juridique, aucune preuve n’a été présentée pour justifier son arrestation sur d’autres bases que ses prises de position politiques.
Dans un climat de polarisation croissante sur la question israélo-palestinienne aux États-Unis, Khalil est devenu un symbole du droit à la liberté d’expression pour une partie de la jeunesse militante. Malgré les risques juridiques qu’il continue d’encourir, il affirme qu’il ne reculera pas. « Mon engagement est intact », a-t-il déclaré. « La justice pour la Palestine ne s’arrête pas à une frontière, ni à une cellule. »