Nouvelle passe d’armes au sein du NFP, cette fois sur fond de jumelage… et d’ego. Tout est parti d’un post de Jean-Luc Mélenchon se félicitant de l’annulation d’un jumelage entre Val-de-Reuil (Eure) et la ville israélienne de Meitar. Sauf que ce jumelage, comme l’a rappelé le maire PS Marc-Antoine Jamet, n’existait plus depuis 2004. Une opération de communication creuse, qui a mis le feu aux poudres entre la députée LFI Alma Dufour et son collègue socialiste Philippe Brun.
D’un panneau oublié à une bataille d’ego sur la pauvreté
Très vite, la polémique s’est déplacée du terrain géopolitique à celui de la guerre sociale. Alma Dufour, députée d’extrême-gauche s’est livrée à une attaque personnelle en règle : elle accuse Brun d’être un « gauche caviar », d’avoir grandi dans une maison de 150m² avec jardin, d’avoir fait Sciences Po, HEC et l’ENA, pendant qu’elle-même vivait en HLM, élevée par une mère au RSA, et manifestait en gilet jaune. Elle lui reproche aussi d’avoir licencié sans indemnité une collaboratrice mère isolée.
Philippe Brun ne s’est pas laissé faire. Il rappelle qu’il a grandi au milieu des champs, loin des quartiers bourgeois, et attaque le parcours scolaire d’Alma Dufour au lycée de la Légion d’honneur, qualifié de « grande bourgeoisie en uniforme ». Selon lui, elle ne connaît rien au territoire qu’elle représente, où elle aurait été parachutée par Mélenchon. Il assure également que la collaboratrice licenciée a bien été indemnisée, dénonçant de fausses polémiques montées de toutes pièces.
La vice-présidente de l’Assemblée, Naïma Moutchou, proche d’Édouard Philippe, a tenté de ramener un peu de dignité dans ce pugilat numérique : « Deux députés qui s’écharpent pour savoir lequel a le plus souffert. Comme si la misère était une carte de visite… Ce n’est pas à celui qui aura le récit le plus misérabiliste, mais à celui qui servira le mieux la France. »
Alors que la gauche se déchire, entre wokisme victimaire et vieilles querelles d’appareil, la droite souverainiste, elle, prépare déjà les échéances à venir. Dans l’Eure comme ailleurs, certains électeurs commencent à regarder ailleurs.