Ce samedi 12 avril, les appels à manifester en faveur de « la démocratie et de l’État de droit », lancés par plusieurs syndicats et associations, ont rencontré un accueil froid à travers la France. L’initiative visait à répondre aux critiques du Rassemblement national après l’injuste condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics. Pourtant, malgré la participation d’éléphants socialistes comme Najat Vallaud-Belkacem et Olivier Faure, les rassemblements ont peiné à réunir les foules.
Des chiffres décevants et une mobilisation en berne
À Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à la place de la République, mais la mobilisation reste bien en deçà des attentes. Ailleurs, à Metz, Bordeaux, Nantes et Lyon, les foules étaient nettement plus clairsemées, avec seulement quelques centaines de personnes dans l’ensemble des manifestations. À Bordeaux, par exemple, 260 manifestants ont répondu à l’appel, un chiffre bien inférieur aux 3 100 participants d’une manifestation précédente pour défendre la culture rave.
Les slogans brandis par les manifestants, tels que « touche pas à mon état de droit » ou « démocratie menacée », semblaient peiner à capter un soutien massif. La critique du RN, qui avait qualifié la justice de « tyrannie des juges », a certes trouvé un écho chez les partisans du gouvernement, mais la mobilisation pour cette cause n’a pas semblé rencontrer une adhésion populaire solide.
La situation n’a pas été aidée par la réticence du Parti socialiste à s’associer aux premières manifestations. Bien que le PS ait pris la parole lors des rassemblements, insistant sur l’indépendance de la justice et critiquant l’accusation de « juges rouges », cette absence d’unité au sein de la gauche a contribué à l’échec relatif de l’opération. Le PS a notamment regretté que les syndicats de magistrats n’aient pas soutenu ces manifestations.