Le nouveau pape, Léon XIV, a expliqué samedi devant les cardinaux les raisons de son choix de nom, rendant hommage à Léon XIII et à son encyclique Rerum novarum sur la question sociale. Élu pape jeudi, l’Américain Robert Francis Prevost entend inscrire son pontificat dans la continuité de cette tradition catholique, à l’heure où l’intelligence artificielle et les mutations du monde du travail bouleversent l’équilibre social. Pour lui, l’Église doit offrir des réponses face à cette nouvelle révolution industrielle.
Un pontificat dans le sillage de François et de Vatican II
Rappelant le style de dévouement de son prédécesseur François, Léon XIV a appelé à poursuivre « le chemin de l’Église universelle dans le sillage du concile Vatican II ». Il a souligné l’importance du dialogue avec le monde contemporain, de l’attention aux plus fragiles et de la synodalité. Dans un discours empreint d’humilité, il a affirmé que le pape est « un humble serviteur de Dieu et de ses frères, et rien d’autre ».
Son nom fait aussi référence à Léon Ier, dit « le Grand », pape du Ve siècle, connu pour avoir défendu la double nature du Christ et négocié avec Attila. En choisissant ce nom, Léon XIV revendique une double filiation : doctrinale avec Léon XIII, spirituelle et géopolitique avec Léon Ier. Il inscrit son pontificat sous le signe de la justice sociale, du courage face aux défis mondiaux et d’une Église ancrée dans son temps.
Selon le cardinal Nemet, présent lors d’un dîner avec le nouveau pape, Léon XIV veut répondre aux bouleversements de l’ère numérique comme Léon XIII avait répondu à ceux de l’ère industrielle. Il évoque une Église au service de la dignité humaine, confrontée aux enjeux de l’emploi, des inégalités, et de l’impact social de l’intelligence artificielle. « Son nom est son programme », résume-t-il.