Tout juste élu, Léon XIV a célébré sa première messe ce vendredi 9 mai dans la chapelle Sixtine, en présence des cardinaux. Premier pape américain de l’histoire, Robert Francis Prevost a déploré dans son homélie le recul de la foi au profit des « certitudes modernes » comme l’argent, la technologie ou le pouvoir. Sans rompre avec le style de son prédécesseur, il s’est exprimé avec simplicité, chaussé de noir comme François, et non des traditionnels souliers rouges.
Dans un message empreint d’humilité, il a averti contre les discours réduisant le Christ à une figure morale ou politique, loin du cœur de la foi chrétienne. Léon XIV s’inscrit ainsi dans la continuité du pontificat de François, appelant les catholiques à « annoncer l’Évangile » malgré les défis contemporains.
Un pontificat attendu entre continuité et prudence
Ce natif de Chicago, ancien missionnaire au Pérou et cardinal depuis 2023, connaît bien la Curie romaine. Il hérite d’une Église fragilisée, confrontée à la crise des vocations, aux scandales de pédocriminalité et à une perte d’influence en Europe. Sa nomination est saluée comme un signal de continuité, mais aussi comme un choix géopolitique fort, en écho à l’Amérique latine et en contraste avec la politique conservatrice des États-Unis sous Trump. Attendu sur ses premiers gestes, Léon XIV devra choisir entre résider à Sainte-Marthe ou revenir aux appartements pontificaux, tout en poursuivant les rendez-vous traditionnels : prière du Regina Coeli dimanche, et rencontre avec la presse lundi. Son style modéré mais résolu laisse présager un pontificat de synthèse, entre tradition et ouverture.