Le plan souterrain des Frères musulmans en France… dévoilé
Le plan souterrain des Frères musulmans en France… dévoilé Photo Fabio Mazzarella/Sintesi/Sipa//SINTESI_Image23956/Credit:Fabio Mazzarella/Sintesi/SIPA/2210211019/Credit:Fabio Mazzarella/Sintesi/SIPA/2210251532

Un rapport confidentiel récemment remis au ministre de l’Intérieur affirmait que les Frères musulmans mèneraient en France une stratégie idéologique de long terme visant l’instauration de la charia, à travers une implantation discrète, diversifiée et territorialisée. Rédigé par un préfet et un ambassadeur à la demande conjointe des ministères de l’Intérieur, des Armées et des Affaires étrangères, ce document de 73 pages proposait une cartographie détaillée de ce que ses auteurs considéraient comme une menace diffuse, mais structurée. Ils indiquaient avoir conduit dix missions en France et plusieurs en Europe entre janvier et juin 2024, appuyés par le réseau diplomatique. Une quarantaine d’universitaires de différentes sensibilités auraient été consultés, ainsi que des responsables musulmans, dont certains appartenant à la fédération Musulmans de France, fréquemment perçue comme la principale émanation de la confrérie sur le territoire. Le rapport faisait également état d’échanges étroits avec les services de renseignement et plusieurs administrations.

Une implantation en réseau, sous forme associative

Les auteurs du rapport évoquaient un « risque frériste » alimenté, selon eux, par un sentiment d’islamophobie croissant chez une partie des musulmans de France, la progression d’un islam rigoriste dans une vingtaine de départements, et l’influence du conflit à Gaza. Ils estimaient que les Frères musulmans menaient une action par paliers, combinant réislamisation, communautarisme, voire subversion institutionnelle. Le rapport recensait environ 140 lieux de culte affiliés à Musulmans de France, auxquels s’ajouteraient plus de 60 autres lieux considérés comme proches, répartis sur 55 départements. Bien que la fédération revendiquât un nombre bien inférieur d’associations membres, les services estimaient que près de 280 structures – dans les domaines du culte, de l’éducation, de l’aide sociale, ou encore de la finance – agiraient dans la mouvance. Un noyau dirigeant, qualifié de « cercle restreint », rassemblerait entre 400 et 1 000 personnes. Les rapporteurs pointaient également des flux financiers en provenance du Qatar ou de l’Arabie saoudite, jusqu’en 2019, ayant servi à financer des projets à Strasbourg, Lille, Mulhouse, Marseille, Villeneuve-d’Ascq ou encore dans plusieurs mosquées de Seine-Saint-Denis.

Le secteur éducatif, priorité stratégique

L’éducation serait, d’après le document, un axe central pour la mouvance islamiste. À la rentrée 2023, 21 établissements scolaires auraient été identifiés comme étant directement ou indirectement liés à la mouvance, pour un total estimé de 4 200 élèves. Certains d’entre eux, comme le lycée Averroès à Lille ou l’établissement Al Kindi à Décines, joueraient un rôle structurant dans leur environnement local. Des signalements concernant des ressources pédagogiques jugées contraires aux valeurs de la République auraient été relevés, notamment dans le cas du lycée Averroès, déjà visé par une demande de résiliation de son contrat d’association avec l’État. Le rapport évoquait également des irrégularités dans les financements, provenant de fonds religieux étrangers, et la présence d’ouvrages religieux jugés incompatibles avec les principes laïques.

Partager