PARIS – Le Rassemblement national (RN), le principal parti d’extrême droite en France, a décliné une offre de soutien politique émanant des États-Unis, selon deux sources proches du dossier. Cette proposition avait été formulée à la fin du mois de mai par une délégation du département d’État américain, à la suite de l’exclusion de Marine Le Pen de la vie politique par un tribunal français.
Condamnée en avril pour détournement de fonds européens, Marine Le Pen a été interdite de se présenter à des élections pendant cinq ans, une décision qui a provoqué une onde de choc dans le paysage politique français. Face à cette exclusion, les représentants américains avaient envisagé de publier une déclaration publique de soutien à son égard, selon les sources citées par Reuters. L’objectif : souligner leur attachement à des processus démocratiques équitables et éviter toute perception d’acharnement judiciaire.
Mais les dirigeants du RN ont poliment mais fermement décliné cette proposition, estimant qu’un appui venu de Washington serait contre-productif dans le climat politique français. « Ils ne veulent pas donner l’impression d’être instrumentalisés par une puissance étrangère », a expliqué l’une des sources. La méfiance envers les ingérences extérieures reste très présente au sein du parti, dont l’électorat valorise une souveraineté nationale rigoureuse.
Cette révélation intervient à un moment délicat pour le RN, qui s’apprête à affronter des élections législatives cruciales dans un contexte tendu. L’absence de Marine Le Pen sur la ligne de départ a fragilisé la cohésion interne du mouvement, même si plusieurs figures montantes tentent de prendre le relais.
Du côté américain, cette démarche inhabituelle visait, selon les observateurs, à défendre une certaine idée du pluralisme démocratique. Elle a néanmoins suscité des interrogations sur la pertinence pour Washington de s’immiscer, même discrètement, dans les affaires politiques françaises.
Le département d’État américain n’a pas commenté publiquement l’information, tandis que le RN a refusé de répondre aux sollicitations des journalistes sur le sujet. Ce refus marque un tournant dans les relations entre la droite radicale française et certains cercles de pouvoir aux États-Unis, notamment ceux gravitant autour de l’ancien président Donald Trump, qui avait montré une proximité idéologique avec Le Pen par le passé.