Le Rassemblement national veut marquer les esprits ce 1er mai. Marine Le Pen et Jordan Bardella participent ensemble à un meeting à Narbonne, devant quelque 5 000 militants. Le choix de cette ville n’est pas anodin : l’Aude est une terre conquise, avec trois députés RN élus dans toutes les circonscriptions du département. Un mois après la condamnation de Marine Le Pen à une peine de cinq ans d’inéligibilité, l’objectif est double : réaffirmer l’unité du parti et rassurer les électeurs quant à la stratégie présidentielle pour 2027.
Un « plan B » qui reste tabou
Jordan Bardella, pourtant perçu par beaucoup comme le successeur naturel, prend soin de ne pas apparaître en rival. S’il a récemment affirmé qu’il se tiendrait prêt à remplacer Marine Le Pen « si elle devait être empêchée », cette sortie a été recadrée par l’intéressée, qui persiste à se présenter comme la candidate « naturelle ». Une déclaration volontairement théâtrale – « si je passe sous un camion, il me remplacera » – tente de repousser toute spéculation sur une candidature Bardella, que les sondages placent pourtant aussi haut qu’elle au premier tour.
Cette démonstration de force vise donc à couper court aux doutes qui agitent les rangs du RN. Car si Marine Le Pen reste juridiquement dans la course en attendant son procès en appel prévu pour 2026, son avenir politique dépend d’une décision judiciaire. Le parti joue la montre, évitant pour l’instant d’investir officiellement Bardella. Mais en coulisses, tout est prêt. Le RN veut éviter de donner l’image d’un parti affaibli par les aléas judiciaires de sa cheffe. En attendant, le duo Le Pen-Bardella se montre soudé, les tracts distribués à Narbonne les présentant comme les visages d’un futur tandem présidentiel.