JÉRUSALEM, 5 juin 2025 — Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a vivement critiqué jeudi les banques du pays qui refusent de fournir des services financiers aux colons israéliens visés par les sanctions de l’Union européenne. Dans une lettre adressée au superviseur bancaire, le dirigeant du parti d’extrême droite Sionisme religieux a averti que les banques pourraient être contraintes de dédommager les clients qu’elles abandonnent.
L’Union européenne a imposé l’an dernier des sanctions à cinq colons israéliens pour leur implication dans des violences contre des Palestiniens en Cisjordanie. De nouvelles sanctions sont actuellement à l’étude. En réaction, certaines banques israéliennes ont restreint ou mis fin à leurs relations avec les individus sanctionnés, suscitant l’indignation de Smotrich. Ce dernier dénonce une attitude de « risque zéro » qui, selon lui, revient à appliquer des « sanctions étrangères injustes » au détriment de citoyens israéliens.
Smotrich a appelé les établissements bancaires à mobiliser leurs moyens juridiques, économiques et diplomatiques pour contester ces mesures. Il a également brandi la menace d’une législation contraignante : si les banques persistent à suivre les sanctions de l’UE, il proposera une loi obligeant ces institutions à indemniser les clients lésés. Il envisage par ailleurs d’imposer à la Banque d’Israël de fournir directement des services financiers aux personnes sanctionnées.
La Banque d’Israël a réagi avec prudence. Tout en rappelant les risques importants que ferait peser sur le secteur financier israélien toute tentative de contourner les sanctions — risques juridiques, de conformité, de réputation et liés au financement du terrorisme — la banque centrale affirme avoir publié une directive visant à garantir que les clients concernés puissent toujours accéder à des services bancaires de base, sans pour autant exposer les banques à des violations des régimes de sanctions.
Ce nouvel épisode intervient dans un climat de pression diplomatique croissante sur Israël, alors que l’Union européenne réexamine son accord de coopération politique et économique avec l’État hébreu. Cette révision intervient sur fond de critiques internationales sur le blocus humanitaire de Gaza, aggravé depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. En toile de fond, les tensions s’intensifient également entre les impératifs sécuritaires d’Israël et les exigences de conformité aux normes internationales imposées par ses partenaires.