Le maire de Milan, Beppe Sala, a été officiellement mis en examen dans le cadre d’une enquête portant sur un vaste scandale d’urbanisme, ont annoncé jeudi les autorités judiciaires italiennes. Il est soupçonné d’avoir exercé une influence indue en faveur d’un projet immobilier, dans un contexte où la capitale économique italienne connaît une intense transformation urbaine.
Selon les procureurs, Sala aurait pesé sur les décisions administratives concernant un permis de construire dans le centre-ville, en facilitant un processus jugé illégal. L’enquête, menée par la brigade financière italienne, s’inscrit dans un effort plus large visant à examiner les pratiques d’aménagement de la ville, dont le développement accéléré au cours de la dernière décennie a soulevé de nombreuses questions sur la transparence des procédures.
Le projet concerné, encore non identifié publiquement, aurait bénéficié d’un traitement préférentiel en contournant certaines étapes réglementaires. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’un système opaque de délivrance de permis de construire, impliquant des fonctionnaires municipaux et des promoteurs privés.
Beppe Sala, qui nie toute malversation, a affirmé qu’il coopérera pleinement avec la justice. Ancien commissaire de l’Exposition universelle de Milan en 2015, il a largement contribué à la transformation urbaine de la ville, se posant en promoteur d’un Milan moderne et durable. Toutefois, ses détracteurs dénoncent une urbanisation rapide qui aurait favorisé les grands groupes immobiliers au détriment de l’intérêt public.
Cette inculpation survient alors que Milan continue d’attirer des investissements massifs dans l’immobilier, dopés par une demande internationale et une politique municipale favorable à la densification. L’affaire pourrait désormais jeter une ombre sur l’intégrité du processus décisionnel au sein de l’administration milanaise et relancer le débat sur la régulation du développement urbain dans les grandes métropoles italiennes.