Laurent Nuñez veut restaurer le dialogue franco-algérien sans renoncer à la fermeté migratoire
Laurent Nuñez veut restaurer le dialogue franco-algérien sans renoncer à la fermeté migratoire

Nommé ministre de l’Intérieur il y a quelques jours en remplacement de Bruno Retailleau, Laurent Nuñez a voulu envoyer un signal d’apaisement sans renoncer à la fermeté. Invité de l’émission « Questions politiques » ce dimanche, l’ancien préfet de police de Paris a promis de « ne pas utiliser le ministère de l’Intérieur comme une tribune politique », tout en affirmant sa volonté d’agir « à droit constant ». Connaisseur chevronné de la machine Beauvau, Nuñez entend miser sur la méthode et l’efficacité : « Je connais les équipes, leurs compétences et leurs difficultés. Mon rôle, c’est d’agir vite et concrètement. »

S’il se démarque du style plus idéologique de son prédécesseur, le nouveau ministre revendique une même fermeté sur la question migratoire. « L’objectif, c’est de continuer à augmenter les reconduites coercitives », a-t-il insisté, assumant la poursuite d’une politique d’éloignement renforcée. Un message adressé aussi bien à l’opinion qu’à l’étranger, notamment à l’Algérie, avec laquelle les échanges sécuritaires sont au point mort. « Il faut qu’il y ait un bouger dans les discussions. On ne peut pas rester sans relations sécuritaires avec Alger », a-t-il souligné, regrettant l’absence actuelle de coopération sur les dossiers de lutte antiterroriste et de narcotrafic.

Entre réalisme diplomatique et nécessité de réforme

Laurent Nuñez se veut pragmatique : renouer le dialogue avec l’Algérie, oui, mais pas au prix de concessions unilatérales. La question des laissez-passer consulaires, indispensables pour les expulsions, reste centrale. Le ministre rappelle qu’« environ 40 % des étrangers en centre de rétention sont de nationalité algérienne », un chiffre qui rend urgente la reprise des échanges techniques avec Alger. Pourtant, s’il n’a pas exclu une évolution future de l’accord franco-algérien de 1968, il estime que « ce n’est pas à l’ordre du jour ». Cet accord, qui accorde aux ressortissants algériens un statut dérogatoire en matière de séjour et d’emploi, est de plus en plus critiqué par les Français pour son archaïsme et son inadaptation aux réalités migratoires actuelles.

Nombre d’élus, y compris dans la majorité, jugent nécessaire d’en finir avec ce régime d’exception, au nom de l’équité républicaine. Ce serait, selon eux, une condition préalable à une coopération apaisée et équilibrée entre Paris et Alger. Nuñez, lui, choisit de temporiser pour restaurer d’abord la confiance bilatérale. Mais la direction qu’il trace est claire : fermeté sur les éloignements, reprise du dialogue sur la sécurité et, à terme, révision d’un cadre juridique devenu obsolète.

En prônant le réalisme plutôt que la posture, Laurent Nuñez s’impose comme un ministre d’ordre et de méthode. Il se veut le garant d’une ligne claire : celle d’un État fort mais juste, soucieux de rétablir la coopération avec l’Algérie tout en préparant la fin d’un accord de 1968 dont la France ne peut éternellement être prisonnière.

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