La scène a sidéré la salle de conférence de presse. Interrogée lors d’un échange public, la présidente Claudia Sheinbaum a fait un lapsus embarrassant, laissant échapper une réponse qui ressemble fort à un aveu. À la question de savoir si son gouvernement avait acheté le concours Miss Univers pour détourner l’attention, elle a lâché une phrase déconcertante: « Évidemment ce n’est pas faux, mais en plus… eh… ». Une formulation qui a immédiatement été interprétée comme une confirmation à peine voilée d’un trucage assumé, d’autant que la gagnante Fátima Bosch est la nièce de Monica Fernandez Balboa, ancienne sénatrice et ancienne présidente du Sénat mexicain, présente sur place pour soutenir sa filleule.
Cette sortie explosive relance une polémique déjà nourrie par les révélations d’Omar Harfouch, ancien membre du jury de Miss Univers. Celui-ci avait annoncé vingt-quatre heures avant la finale la victoire de Miss Mexique, affirmant que le résultat était décidé d’avance en raison de liens d’affaires entre le propriétaire du concours, Raúl Rocha, et le père de la candidate mexicaine. Quelques heures plus tard, la couronne revenait effectivement à Fátima Bosch, confirmant ses accusations de manipulation.
L’affaire a depuis pris une dimension internationale. Omar Harfouch a détaillé un système opaque dans lequel un comité parallèle aurait sélectionné les finalistes bien avant le jury officiel. Selon lui, les juges mis en avant devant les caméras ne servaient que de façade, tandis qu’un réseau interne, lié à des intérêts privés, dictait le résultat final. Miss Côte d’Ivoire, Olivia Yace, elle-même s’est retirée du concours après ces révélations, dénonçant un fonctionnement trompeur et illégitime.
La réponse hésitante de Sheinbaum tombe donc dans un contexte déjà explosif. En admettant presque explicitement que l’affaire n’est « pas fausse », la présidente alimente l’idée que son gouvernement aurait utilisé le concours comme opération de diversion politique. Une accusation gravissime dans un pays miné par la violence des cartels et les collusions supposées entre pouvoir et réseaux criminels.
C’est d’autant plus sensible que la gagnante, Fátima Bosch, est la nièce de Monica Fernandez Balboa, ancienne sénatrice et ancienne présidente du Sénat mexicain, proche du pouvoir en place. Cette parenté politique directe alimente l’idée que son couronnement n’était pas seulement le résultat d’un concours truqué, mais bien d’une intervention du gouvernement lui-même, comme l’a laissé entendre Sheinbaum, renforçant la thèse d’une élection achetée.
L’édition 2025 de Miss Univers restera désormais comme la plus controversée de son histoire, entre trafic, prédictions exactes avant la finale, accusations de conflits d’intérêts et aveux involontaires au sommet de l’État mexicain.