Les services secrets iraniens mèneraient depuis plusieurs années des opérations d’infiltration en France, selon les révélations explosives du livre La pieuvre de Téhéran, coécrit par Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali. Les deux journalistes dévoilent une stratégie d’influence méthodique déployée par la République islamique pour surveiller ses opposants, manipuler des intellectuels et diffuser sa propagande sur le territoire national.
Un espion arrêté à Dijon, des assassinats revendiqués
Parmi les cas les plus frappants figure celui de Bashir Biazar, arrêté en 2024 à Dijon. Présenté comme militant pro-palestinien, il agissait en réalité pour le compte de la force Al-Qods, l’unité clandestine du régime iranien, en surveillant des opposants iraniens et en approchant des associations étudiantes françaises. Plus grave encore : l’ancien ministre des Gardiens de la Révolution, Mohsen Rafighdoost, a revendiqué plusieurs assassinats politiques menés en Europe, dont celui de Chapour Bakhtiar, égorgé en 1991 à Suresnes.
Le livre décrit une infiltration ciblée : avocats, étudiants précaires ou journalistes, parfois recrutés pour servir d’agents d’influence ou pour relayer les messages de Téhéran dans des partis politiques ou médias français. Les services iraniens approcheraient aussi des chercheurs ou présidents de think tanks, parfois complices par naïveté ou par intérêt.
Les auteurs évoquent des conférences données dans des locaux militants de gauche à Paris, où des cadres du régime venaient diffuser leur vision théocratique et anti-occidentale. Le Parti communiste français, sollicité sur ces événements, n’a pas souhaité répondre. Les journalistes dénoncent aussi une certaine complaisance médiatique envers l’Iran, parfois alimentée par des voyages encadrés sur place.
À l’heure où plusieurs Européens sont encore détenus arbitrairement à Téhéran, ces révélations soulignent le danger d’une influence iranienne sous-estimée. Pour les auteurs, l’enjeu dépasse la seule sécurité intérieure : il s’agit d’un bras de fer idéologique entre une république islamique en guerre contre l’Occident et des démocraties trop souvent désarmées face à cette menace invisible.