La fille de Kim Jong Un visite le mausolée familial, renforçant les spéculations sur son rôle d’héritière en Corée du Nord (AP)
La fille de Kim Jong Un visite le mausolée familial, renforçant les spéculations sur son rôle d’héritière en Corée du Nord (AP)

La fille adolescente du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a effectué sa première visite connue au mausolée familial le plus sacré du pays, un geste que des experts interprètent comme un signal politique renforçant son statut potentiel d’héritière du pouvoir.

La visite a eu lieu le jour du Nouvel An, jeudi, au palais du Soleil de Kumsusan à Pyongyang, où reposent les corps embaumés du fondateur du régime, Kim Il Sung, et de son fils Kim Jong Il. Des images diffusées vendredi par les médias d’État ont montré la jeune fille, connue sous le nom de Kim Ju Ae et âgée d’environ 13 ans, debout au premier rang aux côtés de ses parents, s’inclinant profondément devant les statues et les tombeaux.

Le palais de Kumsusan est considéré comme un symbole central de la légitimité du régime nord-coréen. Selon Cheong Seong-Chang, responsable au Sejong Institute en Corée du Sud, la présence de Kim Ju Ae dans ce lieu hautement symbolique, à l’approche d’un congrès du Parti des travailleurs, relève d’une mise en scène politique soigneusement calculée.

Kim Jong Un, 41 ans, est le troisième membre de sa lignée à diriger la Corée du Nord depuis la fondation de l’État en 1948. Il se rend régulièrement au mausolée lors des grandes dates du calendrier politique pour rendre hommage à son père et à son grand-père, perpétuant ainsi le culte dynastique du pouvoir.

Des analystes estiment que Kim Jong Un pourrait confier à sa fille une fonction officielle lors du prochain congrès du parti, potentiellement à un poste élevé. D’autres jugent toutefois qu’elle est encore trop jeune pour occuper une fonction de premier plan et pourrait d’abord se voir attribuer un rôle symbolique ou subalterne. Le congrès, le premier en cinq ans, doit définir de nouvelles orientations politiques et remanier la direction du pays. Selon les services de renseignement sud-coréens, il pourrait se tenir en janvier ou février.

Depuis sa première apparition publique en novembre 2022, Kim Ju Ae accompagne régulièrement son père lors d’événements majeurs, notamment des parades militaires et des essais de missiles. Elle a également participé à des cérémonies du Nouvel An, où des images l’ont montrée affichant une grande proximité avec le dirigeant, renforçant l’idée d’une préparation progressive de l’opinion publique.

En janvier 2024, l’agence de renseignement sud-coréenne avait indiqué considérer Kim Ju Ae comme l’héritière la plus probable de son père. Certains experts restent sceptiques, soulignant le jeune âge de Kim Jong Un, l’absence de problèmes de santé connus et la domination masculine extrême de l’appareil du pouvoir nord-coréen. D’autres estiment que la mise en avant répétée de sa fille vise avant tout à consolider la continuité dynastique du régime aux yeux de la population.

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