Invité de Darius Rochebin ce mercredi 15 octobre sur LCI, Jordan Bardella a estimé que la motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu « se jouera à quelques voix ». Le président du Rassemblement national, confiant, a assuré que « la balle est dans le camp des députés LR et PS ». Pour lui, si l’Assemblée « retrouve un peu de courage », le gouvernement pourrait tomber dès jeudi.
Le chef du RN a vivement critiqué les socialistes, accusant Olivier Faure d’avoir « poignardé ses électeurs dans le dos » en refusant de voter la censure en échange de la suspension de la réforme des retraites. « Faure et les députés PS peuvent-ils regarder leurs électeurs dans les yeux ? », a-t-il lancé, dénonçant une « arnaque politique » et une « fausse victoire ». Il a également reproché aux Républicains de se renier sur leurs propres convictions : « Depuis des années, la réforme des retraites était leur ligne rouge. Aujourd’hui, ils se couchent. »
Pas d’alliance avec Retailleau : « C’est un jeu de dupes«
Jordan Bardella a par ailleurs écarté toute possibilité d’alliance avec Bruno Retailleau, malgré l’appel de son allié Éric Ciotti à un « renversement d’alliance à droite ». Selon lui, l’ancien ministre de l’Intérieur a « expulsé plus de gens de LR que de migrants clandestins » et « n’a jamais eu autant d’étrangers en France ». Pour le président du RN, Retailleau incarne une droite « totalement macronisée » qui a trahi ses électeurs.
S’il affirme vouloir construire les conditions d’une « alternance nationale », Jordan Bardella refuse toute alliance immédiate avec les Républicains actuels. Il dit vouloir tendre la main uniquement à des « patriotes sincères », excluant nommément Valérie Pécresse et Vincent Jeanbrun. « Je ne travaillerai jamais avec ceux qui ont renié la droite pour garder un poste », a-t-il tranché.
« Suspendre la réforme n’est pas une victoire politique«
Enfin, le leader du RN a fustigé la communication du PS après la suspension de la réforme des retraites, qualifiée de « victoire politique » par les socialistes. « Ce n’est qu’un sursis de quelques mois », a-t-il ironisé, affirmant que le gouvernement « joue la montre pour sauver sa peau ». Selon lui, la dissolution reste la seule issue démocratique : « Les Français méritent qu’on leur rende la parole. »