La tension monte entre deux anciens piliers de la macronie. Après la révélation d’une lettre de Bruno Le Maire alertant Emmanuel Macron sur la dérive des finances publiques, Élisabeth Borne a vivement réagi, affirmant qu’elle n’avait « pas de leçons à recevoir sur la maîtrise des dépenses publiques ».
Un échange d’accusations sur fond de dette explosive
Sur LCI ce mardi, l’ex-Première ministre a rappelé qu’elle avait « porté des réformes difficiles », notamment celles de l’assurance-chômage et des retraites, qui représenteraient selon elle « 30 milliards d’économies à horizon 2030 ». Cette mise au point vise à répondre à Bruno Le Maire, qui lui reproche d’avoir décidé, en 2022, d’augmenter le point d’indice des fonctionnaires sans concertation. Le ministre de l’Économie de l’époque estime que cette mesure, coûtant 7,8 milliards d’euros, aurait dû passer par son feu vert.
Borne, désormais députée du Calvados, assure que cette dépense avait été discutée entre cabinets et qu’elle s’inscrivait dans la trajectoire budgétaire prévue. Elle accuse son ancien collègue de « chercher à se dédouaner » après le dérapage du déficit, qui a atteint 5,8 % en 2024, bien au-delà des prévisions.
Les oppositions se régalent de ce règlement de comptes public. Marine Le Pen y voit la preuve d’un « État à la dérive », tandis qu’Éric Coquerel dénonce une « omission d’État » sur la sincérité du budget. Derrière cette passe d’armes, c’est tout le quinquennat Macron qui vacille sur la question du sérieux budgétaire, chacun tentant désormais d’échapper à la responsabilité du naufrage.